(38) IsèreJazz Club de Grenoble

14/03/2019 – Lorenzo Minguzzi Quartet au Jazz Club De Grenoble

Jeudi 14 mars, au Jazz Club de Grenoble, nous avons passé une excellente soirée avec le quartet du guitariste Lorenzo Minguzzi.

Musique suave, héritée de la période cool, avec deux thèmes joués et chantés par Chet Baker:  If I should loose you (The Rose of the Rancho, 1936) et I fall in love too easely ( Lorenzo et Chet, même combat, même défaites!). Mais dans le même esprit, le guitariste se fend, en fendant l’armure, de quasiment toutes les autres compositions du concert, exceptée une œuvre commune  (le très latin Regard) avec le contrebassiste du quartet, Michel Altier, qui dynamise avec puissance la pulsation des tempos. Regard, c’est aussi un très beau marquage rythmique après quelques séquences doublées deux fois à la batterie (Michael Santanastasio sobre, efficace). Ainsi  nous pourrons entendre Grant my dear (Garry, peut-être, puisque Lorenzo célèbre les êtres qui ont façonné sa vie), un swinging Sunday, comme un héros de Far Ouest de son enfance. C’est peut-être quelque chose comme ça, Something like that. Ou autre chose si vous voulez. Le pianiste, Cédric Chauveau expose les « ponts » et propose de très beaux chorus,  comme dans ce médium latin I don’t know yet où sa science et son goût peuvent se faire entendre.

Douceur, suavité sont les caractères de ce jazz élégant, tonique et roboratif cependant. Ainsi l’énigmatique « K » célèbre la douceur et la lenteur, alors que, sans perdre son flegme, The wren and the Ninja warrior, livre son combat. Bien sûr, si l’on est un homme des cavernes ou un passereau, la guerre des rues n’est pas gagnée d’avance. Troglodyte, passereau dites-vous? Eh oui, « the wren » a plusieurs sens! Dans le dédale de l’existence, Lorenzo confie à la musique le soin de chanter ses peines, avec gentillesse, humilité et talent. Quand, enfin , il pense à lui-même, c’est pour nous offrir en rappel une composition bien « ouverte » sur un thème chantant: mi fa sol do la mi ré sol mi do lab lab, sol…Tardòc, qui en piémontais signifie homme stupide. Mais « à mon existence, je ne changerai rien » nous dit Lorenzo, dont l’ego, vous le voyez, n’est pas surdimensionné.

Enfin, on respire un peu. Il y en a vraiment besoin! De l’air! De l’air!

 

Ont collaboré à cette chronique :

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