(26) DrômeJazz dans la ville

15/03/2019 – Jacques Doudelle Jazz Orchestra au Centre Ressources de Montélimar

Le jazz s’invite parfois en soutien d’autres activités, ou d’autres causes. Tel a été le cas, vendredi 15 mars, au Centre Ressource de Montélimar, une structure qui accueille des personnes victimes du cancer. Pour la deuxième année, l’association “Jazz dans la Ville » avait organisé, dans les locaux du Centre, un “concert caritatif”, l’intégralité de la recette allant dans les caisses du Centre.

Sur la scène improvisée, le “Jacques Doudelle Jazz Orchestra” a assuré une soirée idyllique aux spectateurs qui s’étaient déplacés nombreux. Il faut dire que le quintet avait de quoi allécher.

Jacques Doudelle, déjà. Le nom parle à tous les amoureux du jazz en général, et du sax en particulier. Quarante cinq années de carrière témoignent de la valeur de ce musicien, immortalisée par trois albums vinyl et trois CD. Lui et sa (ses) formation(s) ont connu de nombreuses scènes autour du monde, assuré occasionnellement les premières parties de Miles Davis, joué au Casino de Paris ou au Caveau de la Huchette, sans oublier un statut de “guest star” dans des festivals à La Nouvelle-Orléans, à Liverpool ou à Liège…

A ses côtés depuis vingt ans, et à la batterie, Norbert Ogez. Formé à l’I.M.F.P de Salon-de-Provence, Norbert Ogez sait faire donner à son instruments toutes les sonorités ou tous les rythmes possibles. Au cours de sa carrière, il a été un précieux atout pour des “pointures” comme Roger Guérin, François Guin, Daniel Huck ou Fabrice Eulry.
La guitare avait la chance, ce soir-là, d’avoir deux virtuoses à son service. Arnaud Equoy d’abord, lui aussi passé par Salon-de-Provence, tombé très tôt dans le jazz manouche. Il a exprimé son art au sein de multiples formations, de la chanson française au jazz oriental, en passant par la musique malienne.

Au même instrument, Erwan Tanguy, dont le jeu très inventif lui a ouvert les portes des formations de Scott Taylor ou de Caïo Mamberti. Aussi à l’aise dans la musique de Django ou de Grapelli qu’un poisson dans l’eau, Erwan Tanguy s’est aussi illustré dans ses compositions originales.

Enfin, à la contrebasse, Mathieu Cassagne. S’il a abordé la musique en parfait autodidacte, il commence ses cours par la guitare, là encore à Salon-de-Provence. Il se reconvertira là-bas à la contrebasse et peaufinera son apprentissage de ce nouvel instrument à Avignon. Aujourd’hui, son jeu parfait lui a permis d’intégrer de nombreuses formations de jazz swing et manouche.

Les ingrédients du cocktail étant posés, restait à faire prendre la mayonnaise. Et évidemment, la sauce a pris, et bien pris. Dès l’entame, le quintet a captivé son auditoire, transformant le Centre Ressources en cabaret de jazz authentique, le temps d’une soirée rythmée, endiablée et surtout jazzistiquement forte. Une mention spéciale, encore, pour le Maestro, Jacques Doudelle, dont le jeu reste impeccable de précision et de virtuosité. Mais un constat que tous les spectateurs présents auront partagé avec les quatre autres sommets de cette étoile à cinq branches, qui aura éclairé un Centre tout dévoué aux malades du cancer.

Le mot de la fin sera pour saluer l’association « Jazz dans la Ville » pour son humanisme…

Ont collaboré à cette chronique :

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