(38) IsèreVoiron Jazz Festival

22/03/2019 – Médéric Collignon & Jus de Bocse invitent Pumpkin

Médéric Collignon l’inclassable

Il arrive seul sur scène. Un air décidé, sa dégaine détaille sa délure naissante.

Sur une note, un mi bémol, il bat le rappel de ses musiciens. Habituellement les rappels sont à l’issue, lui le fait à l’entame. Un à un, le quatuor se met en place. Le Jus de Bosce (judebox) tel est le nom qu’ils se sont nommés. Le ton est donné.

Avec Médéric, on peut s’attendre à tout. Il s’essaye à tout. Son sujet de l’instant, après son album MOovies, musiques de film revisitées, le hip hop des années 80 ! Il concilie l’étonnant autant que l’improbable.

Tour à tour, trompettiste, cornettiste, pianiste, multi-instrumentaliste, chanteur, scateur, beat boxeur, bruiteur, il réinterprète sorte de remix à sa mode, ce soir les groupes américains ATCB et surtout the Roots. On attend le trompettiste, c’est surtout le scateur qu‘il nous propose, un scat aux accents africains qui lui est propre. Electric relaxation, clap your hands et Butter de ATCB se succèdent sans interruption. Il resplendit le plaisir de jouer, un hip hop totalement revisité, jazzy, voire enjazzé. Son scat débridé remplace les paroles américaines. Il l’accompagne d’une gestuelle quasi schizophrénique. Tels les rockers des années 60, il se déhanche, se tord dans des mouvements saccadés.

A l’attaque des transcriptions de the Roots, avec Act two et what they do, il appelle Pumpkin, alias  Cécile Unia rappeuse nantaise  qui délaissait pour ce soir son tour 2019 accompagnée de Vin’s da Cuero. C’est une petite boule d’énergie, bien campée sur ses jambes rivées au sol et virevoltantes à la fois. Une coupe de cheveux au bol, tels les Beatles à leur début !

Tous les deux, ils forment un couple électrique. Les furies tapageuses d’un Médéric Collignon non domestiqué, font jaillir une explosion de sons stridents et de débordements musclés.

Le public interloqué jubile. Il a devant lui, un showman à la créativité magnétique et énergisante. Tous les morceaux sont enchaînés, point d’interruption, du jazz hip hoppé, dans lequel le pianiste Yvan Robilliard se met en exergue dans des solos alternés sur ses deux claviers, piano et synthé.

Trois morceaux de Miles Davis, viennent interrompre la litanie rappeuse. Ils enchaînent tout à tour Chocolate chip, High speed chase, Duke booty, terminé par un a capella de combat.

Infatigable, il vocifère, vitupère, … de l’énergie à l’état pur. Pour terminer sur un remake de Manifest de Gang Star, il rappelle Pumpkin qui fut une excellente sidewoman, dans cet exercice. Une soirée épique et musicale à la fois pour un Collignon sans détour.

Médé…..ric, c’est tout sauf mayday !
Médéric Collignon : multi-instrumentiste
Yvan Robilliard ; claviers
Emmanuel Harang : basse
Nicolas Fox ; batterie, électroniques
Pumpkin : voix rap

Ont collaboré à cette chronique :

X