(69) RhôneA Vaulx Jazz

22/03/2019 – Thomas de Pourquery Supersonic & Friends from Congo à A Vaulx Jazz

En quelques années seulement le saxophoniste Thomas de Pourquery est devenu un personnage incontournable du jazz hexagonal collectionnant les distinctions dès son premier album avec le sextet Supersonic Play Sun Ra en 2014  qui est élu meilleur album de l’année aux Victoires du jazz jusqu’à la consécration comme Artiste de l’année aux Victoires du Jazz 2017 parallèlement à la sortie de son  nouvel album avec Supersonic Sons of love (Label Bleu 2017). Depuis il n’a cessé de présenter ce projet sur toutes les scènes et dans de nombreux festivals jusqu’en Afrique, au Congo l’automne dernier ou il a mûri une idée de rencontre de Supersonic avec des musiciens Congolais et …plus surprenant le chorégraphe franco-congolais Delavalett Bidiefono. C’est le fruit de cette rencontre qui est présenté ce soir pour la toute première fois  devant un public à l’occasion d’A Vaulx Jazz.

Autour d’un  Thomas de Pourquery surexcité par cette première, il y a beaucoup de monde sur scène ce soir au Centre Culturel Charlie Chaplin pour apporter un nouvel éclairage et une nouvelle lecture du projet Sons of love : outre Supersonic avec Fabrice Martinez (trompette et voix), Laurent Bardaine (saxophone et voix), Edward Perraud (batterie), Frederick Galiay (basse), Arnaud Roulin (piano et synthétiseurs) on trouve trois musiciens congolais : Berlea Dieuveille Bilembolo  au chant,  Fabe Beauriel Bambi et Mohammed Sylla aux percussions complétés par trois danseurs de la compagnie Delavalett Bidiefono.

Comme pour donner le ton à la spécificité de la soirée, l’ouverture du concert met en avant un Thomas de Pourquery solitaire dans un coin de la scène alors qu’un danseur prend largement possession du reste de l’espace scénique en multipliant pas et figures acrobatiques. Durant les vingt minutes suivantes c’est le sextet Supersonic qui occupe seul la scène pour enchaîner les premiers thèmes de  « Sons of love » We travel the space ways et From planet to planet énergiquement interprété et soutenu par la rythmique Edward Perraud et Frederick Galiay, toujours truffé d’effets électroniques titillant et de parties vocales intersidérales. Ensuite arrive le moment d’accueillir les amis africains musiciens et danseurs avec immédiatement l’entrée en lice des percussions qui apportent ce supplément de rythme et de couleurs qui va si bien au jazz en général et à celui de Thomas de Pourquery en particulier. Sur Slow down, c’est au tour de la chanteuse Berlea de prendre la lumière et elle le fait avec un plaisir non dissimulé  bien mise en valeur par Thomas de Pourquery et la trompette de Fabrice Martinez. Sur le titre Sons of love, tout le monde, danseurs et public compris, se déchaîne et célèbre le doigt en l’air ce moment de grâce. Pour Simple forces c’est le public  qui est sollicité pour faire les chœurs derrière les percussions et les cuivres et avec les stimulations facilitatrices des danseurs. L’ambiance est à son comble et on est  loin du final car il faut encore passer par un Give the money back bien énervé par des percussions d’enfer tout en contraste avec de brillants effets électroniques et un final ouaté par les chœurs de Berlea avec un bel hommage au public de Vaulx en Velin

Le rappel copieux se fera sur une reprise matinée de rumba congolaise de O Estrangeiro de Caetano Veloso où le public est invité à danser.

Un projet qui a largement fait ses preuves mais qui prend ici un sérieux coup de jeune à travers cette rencontre et ce mariage avec l’Afrique. Très certainement une voie à explorer par Thomas de Pourquery pour un prochain projet.

Ont collaboré à cette chronique :

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