(38) IsèreVoiron Jazz Festival

23/03/2019 – Stéphan Oliva « le cinéma invisible » Voiron Jazz Festival

Après le concert à l’énergie tonitruante de Médéric Collignon d’hier, le calme est revenu avec le concert solo et intimiste du pianiste et compositeur Stéphan Oliva, à la médiathèque de Voiron.

Ce pianiste d’exception a une approche originale et passionnante de la création et de l’inspiration musicale. Le cinéma est son sujet de prédilection, il a d’ailleurs travaillé avec de nombreux cinéastes, créer des musiques de film, improviser dans des ciné-concert,… Cet érudit du cinéma à la sensibilité à fleur de peau, met cette fois sa musique au service de l’objet même du cinéma, « ce qui fait que techniquement le film existe ». C’est ainsi qu’il improvise et donne de la couleur musicale et de la poésie aux mouvements de la caméra, aux arrêts sur image, aux travellings, aux gros plans, aux ralentis, au fondu au noir, etc…

Sur un objectif de départ, il improvise puis se laisse porter par les notes qui naissent sous ses doigts et accepte ce qui vient. Pour illustrer le générique, son improvisation l’emmène jusqu’à rencontrer Roman Polanski et son film Rose Mary’s baby. Pour l’arrêt sur image, c’est Jean Luc Godard et Michel Legrand, et quelques notes des Demoiselles de Rochefort apparaissent. Pour les gros plans et les ralentis, il s’inspire de Vertigo d’Hitchcock et de son double inversé Taxi Driver de Scorcese. Pour le travelling c’est encore Hitchcock avec Psychose et son célèbre travelling. Pour l’écran partagé, c’est Martial Solal qui est convoqué : «  un écran partagé à lui tout seul » et le film A bout de souffle

L’angoisse, la course poursuite, le ralenti, l’émotion, le silence, etc, Stéphan nous les fait ressentir grâce à son toucher pianistique délicat et inspiré.

Hommage est rendu aussi à Gene Tierney actrice, entr’autre, dans le film d’Otto Preminger Laura, et il est fort à penser qu’elle était belle et douce ! Clin d’œil à John Williams, à Nino Rota et Casanova, à Jarmush et Dead man, à Marguerite Duras et India Song.

Quel voyage poétique et passionnant que ce cinéma invisible de Stéphan Oliva !

Ont collaboré à cette chronique :

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