(42) LoireJazz à Montbrison

26/03/2019 – TapMatazz au théâtre des Pénitents de Montbrison

Voici le dernier projet de Roxane Butterfly, icône de la scène new-yorkaise du tap dance (claquettes), partie intégrante du langage du jazz né de l’esclavage afro-américain.

Accueillis dès l’entrée par le son de la trompette de Nicolas Genest sur When the saints accompagné par le danseur pionnier de jazz rock Robert Modestine, la soirée débute par une invitation du public à partager la danse avec ces trois figures de la danse : Roxane Butterfly pour le tapdance, Karine Gonzales pour le flamenco et Robert Modestine pour le jazz rock. Timidement quelques personnes montent sur scène, très vite suivies par d’autres, novices ou plus expérimentées reconnaissables à leurs chaussures de claquettes accompagnées par les musiciens. Ce moment de convivialité se termine par un 4/4 entre les deux danseuses, présageant une belle soirée.

Au sommet de sa technique, Roxane chausse successivement des chaussures aux sons variés, selon l’ambiance urbaine, latine, swing ou rock ; on apprendra ainsi qu’il en va des chaussures de tapdance comme des saxophones, dont la famille est riche en tessitures.
Une belle démonstration de sa perfection lorsque ses pieds nus nous chantent le rythme de sa danse.

Sur un air de samba servi à la guitare par Steven Reinhardt (oui, il y a un rapport) et à la basse par Hacen Djeghbal, Karine Gonzales nous ravit les yeux sur une danse avec châle accomplie avec grâce et sensualité. La mantille rouge tournoie autour d’elle, la frôle, prolonge ses bras comme de grandes ailes, un moment de pur délice et de talent.

La batterie est tenue par Rocco Sedano, percussionniste argentin également danseur adepte de la danse traditionnelle percussive dont il nous fera une démonstration impressionnante avec maestria.

Puis Roxane Butterfly accueille sur scène Elisabeth Kontomanou, qu’elle apprécie tout autant pour sa voix que pour ses qualités humaines, pour un duo atypique de chant et tapdance.

La soirée se termine sur une composition de Georges Benson sur laquelle les trois danseurs mélangent leurs styles et improvisent au gré de leur tempérament.

On pourra regretter un manque de préparation que l’excellence des danseurs et la qualité des musiciens n’ont pas suffi à dissimuler.

Ont collaboré à cette chronique :

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