(26) DrômeJazz Action Valence

28/03/2019 – Magnetic Orchestra et Chris Potter en quartet à JAV (Jazz Action Valence)

L’auditorium de la Maison de la Musique et de la danse est bondé et Pascal Berne remercie l’équipe professionnelle de JAV et l’arrivée de son nouveau directeur, Kamal Mazouni bien connu des musiciens valentinois.

Magnetic Orchestra, composé de trois enseignants de l’école de Valence, est invité pour lancer avec brio cette soirée s’annonçant très prometteuse. Avec énergie et inventivité, le Magnetic de Benoit Thevenot pianiste et compositeur démarre ce set par son J love you. Ses deux  compères, Nicolas Serret à la batterie et François Gallix à la contrebasse se lâchent et soufflent sur les braises d’un programme dont l’ultime clin d’œil sera une Marche des canards complètement métamorphosée et déjantée. Le public est conquis, nous aussi.

Pause le temps de se rafraichir et Pascal Berne revient nous annoncer le quartet de Chris Potter ! Incrédules nous pensons qu’il fait une boulette mais non il nous confirme que le trio initialement programmé est complété par Tim Lefèbvre, bassiste d’exception ayant participé à l’enregistrement du dernier album de David Bowie Blackstar (et clin d’œil à l’hommage rendu à David Bowie par le JAV Contreband avec David Linx lors du Jazz sur le grill en janvier dernier)

Les musiciens arrivent et la présence de ce bassiste change tout avec le son de cette basse très rock mais aussi par la flamboyance sonore du quartet jouant pour la seconde fois (la veille à A Vaulx Jazz).

Et là, on comprend ce qui nous arrive en prenant en pleine figure cette énergie et ce puissant matériau sonore comme nourri des bruits de la grande ville.

Hold it, est proposé en ouverture par Chris Potter, leader concentré et incontesté mais disponible pour ses musiciens à qui il lâchera à plusieurs reprises les brides pour des envolées fabuleuses soit à Craig Taborn aux claviers, véritable jongleur acoustique et électrique ou à ce fabuleux batteur qu’est Justin Brown, véritable sorcier du tempo. Le programme interprété est celui du dernier CD de Chris Potter à une exception : The dreamer is the dream.

C’est à la flûte que Chris Potter introduit The Nerve nous faisant entrer dans son univers en installant des dialogues entre sax et piano (dans une approche très électrique et contemporaine) ou entre sax et basse. C’est puissant, ambitieux et merveilleux à ce niveau de technicité et de musicalité.

Une nappe d’effets sonores introduit Circuits propulsant le quartet à des hauteurs stratosphériques : « un véritable avion à réaction » me dira un ami mais toujours avec la présence d’un saxophone ténor magnifique. Assommés, nous découvrons Koutoumé composé par des musiciens du Bénin et fruit d’une rencontre africaine où la basse s’en va chercher des sonorités buissonnières dans les aigus et toujours avec un sax impérial !

Mais ce n’est pas fini. Avec The dreamer is the dream on lâchera les fauves pour terminer en apothéose avec Exclamation.

Un rappel à ce long concert et généreux set s’impose, bouleversant une salle conquise et debout. Embryo, une ballade toute en finesse nous achève et nous confirme ce que nous savions : Chris Potter est vraiment un grand saxophoniste de notre temps. Fabuleux 

Ont collaboré à cette chronique :

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