(38) IsèreVoiron Jazz Festival

29/03/2019 – Debussy On Jazz au Grand Angle pour le Voiron Jazz Festival

Dès 2018, le Quatuor Debussy, à l’occasion du centenaire de la mort du compositeur du même nom, lui a rendu hommage en invitant un artiste de jazz chaque fois différent lors de ses concerts. Ce soir, ils sont tous réunis pour cet ultime témoignage.

La formation entre en scène et accueille rapidement Vincent Peirani, bien connu pour son ouverture à toutes les musiques et grand maître de l’accordéon qu’il pratique à merveille avec toute sa sensibilité et sa créativité. Vincent, décontracté comme toujours, au centre, interprète avec ce groupe classique « C » d’après La Fille aux Cheveux de Lin de Debussy. Sur un rythme très lent, avec une maîtrise très fine et soignée, son instrument murmure. Les cordes l’accompagnent dans une accélération pleine d’énergie et de précision, scandée, nerveuse. L’accordéon chantonne d’une voix claire. L’ensemble s’éteint.

Suit Jacky Terrasson au piano pour quelques pas sur la neige sur Bussi’s Blues d’après Bruyères de Debussy. Quelques gouttes au clavier frissonnent. Les cordes, langoureuses frémissent. Sur un soudain changement de tempo et de ton, Jacky frappe les touches de son instrument, puis en pince les cordes de façon violente et imprévue.  Quand le quatuor, mélodieux, nous remplit de tendresse, le piano ruisselle. Quelques sourires de complicité achèvent le thème.

On quitte Debussy avec l’entrée de Jean-Philippe Collard Neven au piano et Jean-Louis Rassinfosse à la contrebasse pour Merci, une composition du pianiste. Une chansonnette très tendre, de plus en plus jazzy, jouée avec gaieté par une bande de copains de génie, nous emporte. Chaque corde, tour à tour, virevolte avec grâce sur le tempo vif de la contrebasse.

Franck Tortiller prend place au vibraphone pour Danza Del Vino d’après La Puerta Del Vino de Debussy. Le chemin est tortueux, éclairé par la vivacité du vibraphone jusqu’à ce que tous s’endorment…

Retour de Jean-Philippe et Jean-Louis pour A l’ombre de la Cathédrale d’après La Cathédrale Engloutie de Debussy. Vivacité, harmonie, jouissance du piano qui frémit sur le souffle des cordes. Le chemin se fait de plus en plus rude, l’ensemble progresse avec force. Les vibrations harmonieuses du piano aux notes claires scintillent tandis que la contrebasse et le violoncelle grondent puis gémissent légèrement.

Vincent Peirani revient  pour l’un de ses succès  Armageddon d’après un thème d’Astor Piazzola.  D’abord seul, très lentement, il frémit. Les cordes, langoureuses, lui emboîtent le pas. Puis, de plus en plus rythmé, l’accordéon lance son chant vif, fulgurant. Un joli solo du violon alto l’interpelle tendrement et l’ensemble s’assoupit profondément.

Jacky Terrasson, partage ses envolées musicales avec les cordes du quatuor pour La Plus Que Lente adaptée ici par Lionel Belmondo. Le jeu des archets de chaque instrument à cordes, oscillant sur la valse lente pianotée nous séduit.

La soirée se conclut avec Franck dont le père trompettiste et vigneron lui a transmis toute sa culture. Dans l’allégresse, Trois Cépages est remercié par les applaudissements du public.

Le rappel réunit tous les artistes sur une pièce de Jean-Philippe intitulée Pour Mon Père. Cette chansonnette tendre, heureuse, est servie par l’accordéon et la contrebasse. Alors que les pianistes se relaient, les cordes scandent le refrain et le vibraphone les emmène au ciel !

Ce fut l’un des derniers grands concerts du Voiron Jazz Festival version 2019. Quel dommage !

Quatuor Debussy : Christophe Collette et Marc Vieillefon: violons ; Vincent Deprecq : alto; Cedric Cochon: violoncelle

Invités : Jean-Philippe Collard-Neven et Jacky Terrasson : pianos ; Vincent Peirani : accordéon; Jean-Louis Rassinfosse: contrebasse ; Franck Tortiller : vibraphone

Ont collaboré à cette chronique :

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