(38) IsèreLes Détours de Babel

31/03/2019 – Joëlle Léandre & Pascal Contet les détours de Babel

C’est fou, c’est f…, c’est le f…, c’est la f…., c’est le foutoir, c’est dingue, quand on y pense, c’est fort. Ça sort, direct de l’inconscient, comme ça vient, mais toujours à l’écoute, du son, de l’autre. Dans les duos avec Joëlle Léandre, quelle jouissance.

Quelle sera la musique, bien malin qui pourrait la décrire à l’avance. Certes, si Joëlle Léandre fait du Joëlle Léandre (comme tout artiste), chaque fois c’est différent. Un petit tour de chauffe entre elle et Pascal Contet, et ensuite ce n’est que du bonheur.

Je suis toujours subjugué par la palette des sons qui sort de son instrument. Cette maîtrise de la contrebasse, SA contrebasse, qu’elle trimbale partout, toujours vivante, comme elle, son outil, son son, son alter ego. Je suis vraiment bouleversé à chaque fois par tant de musicalité. Je me dis qu’ils sont deux à résonner chez une seule, sa grosse caisse, vibrante, mais aussi tout son corps à elle. Elle l’accompagne, la cajole, parfois la martyrise, lui donne des coups de pieds.

Avec Pascal Contet, ils s’entendent comme deux larrons en foire. Ce n’est pas la foire d’empoigne, c’est juste « se fondre dans le son de l’autre », avec une intelligence, une générosité, une énergie dont on aimerait ne serait-ce qu’avoir le centième. Avec un duo de cette envergure, on approche l’universalité de la musique. La profondeur des sons, le tellurisme, les notes justes, les frottements, le jeu, l’humour dadaïste. Une musique qui les résume toute, qui porte la vie, cette vie, sous leurs doigts, patiemment, de concert en concert, depuis longtemps, qu’ils magnifient.

C’est f…, c’est loin d’être f…, c’est d’la folie, c’est fantastique. Ça fait du bien. Merci pour cette leçon d’humanité, les artistes.

Et puis lisez ou relisez « A voix basse » (voir ici), ça évitera à Joëlle Léandre de se répéter, c’est son meilleur plaidoyer pour la défense du métier artistique et pour une place prépondérante des femmes dans ce milieu si machiste.   

Ont collaboré à cette chronique :

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