(38) IsèreJazz'Alp

09/03/2019 – Bloom à Jazz’Alp

Gerard Duchamp le truculent directeur de “l’improbable festival”, Jazz’Alp comme il aime a le rappeler présente d’une façon fort concise et appropriée ce qui va suivre “un trio vocal à cinq”.
Bloom on le sait ce sont trois magnifiques chanteuses qui dialoguent avec une rythmique des plus solides : Martin Guimbellot à la contrebasse et Nils Wekstein à la batterie et aux percussions.

D’emblée le “trio-quintet” nous plonge dans un univers de rythmes où les voix font jeu égal avec les instruments.
Chaque chanteuse-vocaliste prend la direction d’une chanson. Cela commence avec Laurence Ilous qui passe ensuite le relais à Mélina Tobiana puis à Léa Castro, pendant que les deux autres accompagnent. Tonalités et timbres très différents et forcément complémentaires.

L’art vocal est ici parfaitement maîtrisé qu’il y ait des paroles ou des vocalises.

Ce soir nous découvrons quelques nouvelles chansons comme ce #1 qui est aussi le nom de l’album à sortir sous peu.
De même pour Ezuz qui évoque un désert onirique comme l’a perçu Mélina.

Nous avons droit à quelques présentations croquignolesques du genre “je vous aurais bien raconté la fois où je suis allée en vacances chez mon cousin … mais comme je pense que cela ne vous intéresse guère nous allons passer de suite à une chanson de Sting” et ça sera Shape of my heart où Léa nous régale épaulée par ses deux acolytes et la rythmique. Un bonheur de justesse et d’équilibre.

Changement de registre avec un passage par du R’n B et Grandma’s hand de Bill Weather.

Fin du premier set avec une chanson en créole capverdien (si si ça existe) Lapidu et donc un autre changement d’univers.

Reprise après la pause avec un tube de 2014 de Meghan Trainor All About That Bass qui est ici très joliment traité.

On poursuit avec les célébrités et Sometimes it snows in april de Prince histoire de nous tirer une petite larme avec cette chanson triste.

Shadows and fog, poursuit dans ce registre, une composition de Laurence Ilous, entamée à la contrebasse avant de s’élever vers une valse vocale.

Elle nous quitté il y a peu il faut bien lui rendre hommage. Le trio-quintet a choisi Won’t be long pour célébrer Aretha Franklin, un tube de 1961, rien que ça, mais une pêche d’enfer.

Autre hommage celui à Abbey Lincoln avec le merveilleux Throw it away de 1994.

Après une samba le concert s’achève sur une autre reprise de 70´s Girls don’t cry for Louie (qui se souvient du groupe Vaya con dios ?)

Le public est enthousiaste et obtient sans difficulté un rappel avec un Let it shine a cappella puis Stay qui arrive à point nommé ; avec Laurence Ilous au ukulélé.

Un concert généreux de près de deux heures et une agréable prestation, on a vraiment ressenti le plaisir partagé sur scène.

Mélina Tobiana, Laurence Ilous, Léa Castro : voix ; Martin Guimbellot : contrebasse ; Nils Wekstein : percussions

Ont collaboré à cette chronique :

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