(38) IsèreJazz Club de Grenoble

04/04/2019 – Manu Guerrero Quintet au Jazz Club De Grenoble

Ce jeudi 11 avril le Jazz Club De Grenoble recevait le Manu Guerrero quintet. Manu Guerrero au piano était accompagné par Felipe Cabrera à la contrebasse Minino Garay aux percussions, Samy Thiebault au saxophone ténor et Lukmil Perez à la batterie.

Quasi tout le concert sera basé sur les compositions de Manu Guerrero présentées sur l’album « Nuevo Mundo ».

Avec dans cet orchestre, la présence de deux instruments rythmiques  et parmi les musiciens d’un franco-péruvien, de deux cubains et d’un argentin on imagine très vite que la musique et les rythmes latins vont être le fil rouge du concert.

Dès le premier morceau Boayan, une introduction piano percussions donne le ton. La mélodie est là mais on ne peut pas la dissocier du rythme que donne les percussions, la contrebasse entre en jeu une jolie phrase, on oublie le quatre temps, comme à La Havane le rythme est là on le sent. Il n’est pas fait pour la marche mais pour la danse comme pour nous maintenir dans l’espace sans jamais que l’on puisse retomber sur le sol.  Manu Guerrero improvise dans un style très personnel fortement marqué par le rythme, le phrasé est beau et toujours en parfaite osmose avec le rythme lancinant  du morceau. C’est au tour de Samy Thiebault de faire état de son talent dans une improvisation où l’on sent les influences de l’indémodable Coltrane, Thiebault exploite toute la tessiture de l’instrument et démontre une belle créativité.

Dans le second morceau Treinta de Marzo, c’est l’impressionnant de rigueur et de richesse rythmique Minino Garay qui fait l’introduction avec son caron et son bracelet de cheville avec grelots, Manu Guerrero le rejoint, les autres instruments entrent en jeu, la riche orchestration autre caractéristique de ces morceaux se déroule dans un très bel ensemble, la machine est en route on imagine que rien ne peut l’arrêter.  Puis vient ce qui pour moi a été un des très  beau morceau de cette soirée une belle ballade Lament for freedom, un thème exposé par Samy Thiebault puis une suite piano seul. C’est au tour de Felipe Cabrera de démontrer sa maîtrise de la contrebasse, une superbe improvisation, il arrive à faire chanter la contrebasse, on ne s’ennuie pas un instant ce qui est rare avouons le pour cet instrument. Dans son improvisation Samy Thiebault arrive parfaitement à imager la complainte pour la liberté, Lament for Freedom titre du morceau, un bel hommage à la liberté. Puis vient la fin de ce premier set avec Belleville un morceau de Felipe Cabrera qui nous fait une longue introduction à la contrebasse ou en plus des phrasés mélodiques il  transforme l’instrument en percussion. En fin de morceau Minino Garay et Lukmil Perez nous font une belle démonstration de la richesse des rythmes qu’ils peuvent produire et de leur grande complicité.

Le deuxième set est à l’image du premier de belles mélodies, des orchestrations riches et variées, des improvisations démontrant combien est grand le talent de ces musiciens. Un set peut être un peu plus jazzy comme dans A Human Story.

Le public ne s’y est pas trompé tout au long de cette soirée il est parfaitement entré dans le jeu des musiciens ponctuant les improvisations par des applaudissements nourris. Une très belle soirée.

Ont collaboré à cette chronique :

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