(42) LoireJazz à Montbrison

09/04/2019 – Bloom à Jazz à Montbrison

Bloom est un quintet composé de trois voix, de gauche à droite (ou pour les « pros » de jardin à cours), Mélina Tobiana, Léa Castro et Laurence Ilous, trois voix considérées comme trois instruments solistes et se comportant comme tel. L’une chante et les deux autres accompagnent, quelquefois à l’unisson mais la plupart du temps chacune sa voix, au dessus ou au dessous, comme le feraient des cuivres, suivant les thèmes. Les voix s’appuient sur une section rythmique basse-batterie, ce qui laisse toute la place aux harmonies vocales mais en contrepartie nécessite une mise en place parfaite.

Avant chaque morceau, Martin Guimbellot le contrebassiste donne la note, les trois chanteuses calent leur voix et au signal ça commence, comme une fusée d’artifice, c’est sans filet, la moindre erreur serait fatale, mais ça tient, une merveille d’équilibre. Qu’ils soient harmoniques ou dissonants les assemblages voix, contrebasse, percussions sont toujours impeccables, si ce n’était le fruit d’un gros travail on pourrait croire que c’est facile. Les voix se mêlent, s’emmêlent, se démêlent, s’entremêlent et se mélangent en parfait accord. Martin Guimbellot fournit un énorme travail harmonique et rythmique, les voix s’appuient sur la contrebasse qui fait office de soubassement à l’édifice musical, bien soutenu en cela par les rythmiques colorées de Niels Wekstein dont le set instrumental hybride incorpore des éléments de batterie et des éléments de percussions.

Le répertoire est varié : des compositions de Laurence Ilous, Mélina Tobiana et Martin Guimbellot et des reprises soul, pop, jazz[1] traitées dans un style purement jazz, un jazz qui tient compte de tout ce qui s’est fait avant en termes de jazz vocal et qui réussit à dégager des voies nouvelles en fonction des tessitures,  des types de voix et de la culture musicale de chacune des chanteuses, du contrebassiste et du percussionniste du quintet.

C’est un petit miracle que des personnalités aux capacités vocales si différentes se soient rencontrées et qu’elles aient réussi, en s’appuyant sur leur complémentarités, à monter ce projet de haute tenue ravissant et percutant à la fois : un vrai bonheur auditif doublé d’un plaisir acoustique certain, à écouter sans se modérer, vous y entendrez toute la gamme des émotions humaines transmises de la plus belle des manières, ou plutôt des façons, musicales, au sens artisanal du terme quand il implique la notion de perfection. La tension que l’ont ressent devant une œuvre d’art en train de se réaliser, ce qu’on appelle poésie, en est évidente et sensible. Il n’est donc pas étonnant que le public ait fait un triomphe à ce projet de Bloom.

[1]Won’t Belong, Aretha Franklin, Grandma’s Hands, Bill Withers, All About That Bass, Meghan Trainor, Canto de Ossanha, Baden Powell et Vinícius de Moraes

Ont collaboré à cette chronique :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

X