(38) Isèredomaine de Chépy

12/04/2019 – Chris Hani au Domaine Saint-Jean de Chépy

La route du blues…

Elle est passée ce vendredi par le domaine de Saint Jean de Chépy à Tullins… à défaut de Saint Louis. Ce ne fut pas un concert habituel, mais un dîner musical, voyage dans les classiques du blues, que nous fit partager la formation Chris Hani. Elle  a pris ce nom emprunté à un militant sud africain activiste, dont la vie fut un véritable blues.

Quintet  structuré autour de deux guitares, harmonica, basse, batterie et claviers et bien sûr chanteur, au service des plus grands standards pour les faire partager à un public qui semblait non averti, et diffuser cette expression des « idées noires » des esclaves du Sud des USA du début du siècle dernier. Dans une ambiance cabaret, on alterne les sets musicaux qui font la liaison, sauce musicale dans la ronde des plats, les uns succédant aux autres sans se superposer.

Premier set, The thrill is gone ( pas celui du talentueux Chet Baker) mais celui composé par Roy Hawkins et popularisé, dans les années 70, par le légendaire BB King, donne le ton . Puis lui succède le non moins célèbre It hurts me too. De l’obscur Tampa Red,  mis en lumière par le fantasque Elmore James. D’innombrables interprètes de Chuck Berry à Eric Clapton ont repris à leur compte cette mélopée déchirante.
L’orchestre est en verve. L’interprétation est carrée, et respecte les éditions originales. Ils nous font voyager dans le temps. Ain’t no sunshine, ponctue ce premier set.

A chaque introduction, Denis Anselmet le leader du groupe, nous raconte la genèse et l’intrigue de chaque morceau. Belle leçon narrative, très prisée par le public attentif.

Puis,  les très attendus What’s going on du diabolique Marvin Gaye, Hoochie Coochie man écrite par le prolifique Willie Dixon pour Muddy Waters et Help me  du sarcastique Sonny Boy Williamson II, donnent une  tournure différente à l’atmosphère. On se croirait dans le célèbre House of Blues de Chicago, même décor fait de bois rustique, même chaleur enivrante, mais gastronomie moins évoluée du côté des Américains. L’ambiance monte d’un cran dans ce voyage allégorique parfaitement interprété et raconté.

Un détour par le rythm & blues avec les interprétations scandées de Ninety nine & a half et Mustang Sally de l’illustre Wilson Pickett qui permettent  à l’orchestre de donner des fourmis dans les pieds des spectateurs. Le dernier set leur donnera l’occasion de danser sans complexe.

Tour à tour s’accomplissent  I’m tore down de Freddie King, Cadillac assembly line du troisième King (Albert) et Sweet Home Chicago du mythique Robert Johnson qui aurait vendu son âme au diable. La formation parfaitement complémentaire, où tous jouent leur rôle, donne  à chacun la possibilité de solos intrépides mais jamais démonstratifs. Un collectif homogène et chaleureux, bien installé dans sa musique carrée.

 

Musiciens :

  • Denis  Anselmet : guitare et harmonica
  • Pierre Yves Girard- Soppet : chant et guitare
  • Bertrand Kheder : basse
  • Laurent Teppoz : batterie
  • Yoan Kerhavis : claviers

Ont collaboré à cette chronique :

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