(38) IsèreJazz Club de Grenoble

02/05/2019 – Maracuja au Jazz club de Grenoble

Ils nous ont mis du baume au cœur, ces quatre jeunes musiciens très sympathiques, ce jeudi soir froid et triste de mai , au Jazz club de Grenoble.

Leur nom, Maracuja (fruit de la passion) évoque le soleil des Tropiques, plus exactement celui du Brésil, car c’est avant tout cette musique qui les inspire. Mais Maracuja évoque aussi l’acidité, le sucré, la couleur, la finesse, bref le métissage.

Sous la houlette d’Amina Mezaache, flûtiste, compositrice très expérimentée, le quartet s’épanouit dans une palette sonore libre et originale. Fabien Debellefontaine au sousaphone et à la flûte, tient bien une place plutôt inhabituelle, avec des solos à la gravité impressionnante. Yoan Fernandez à la guitare, discret mais efficace et Jonathan Edo à la batterie, compositeur et spécialiste de la musique brésilienne qui enrichit le répertoire avec ses percussions multiples et surprenantes.

L’inspiration musicale des compositions d’Amina est donc brésilienne avec tout ce qui fait l’originalité et la richesse multiforme du patrimoine musical de ce pays : du forro du Nordeste, au choro de Rio, de la samba du carnaval, en passant par les rythmes africains du candomblé, etc.. Le tout agrémenté d’une bonne dose de jazz.

De Ponta du mangi, pièce musicale très douce, nous passons par l’Afrique d’où le son lointain nous parvient grâce à la flûte traditionnelle, la sense, qu’utilise Amina pour Mandara style. D’une reprise d’un morceau de Gilberto Gil Lamento Sertanejo évoquant la nostalgie du pays du travailleur du Nordeste obligé de s’exiler, nous passons à une autre pièce douce où la batterie et le sousaphone semblent dialoguer Pendant que le frigo dégivre (titre français).

Des compositions très gaies et dansantes du guitariste et compositeur Guinga, ancien dentiste dépressif Estrela da terra, à celles d’Hermeto Pascoal en vibration du Ré (ou gros Ré) Re medio, Sao Jorge, sans oublier les « détournements » très carnavalesques du Choro et le morceau fleuve Pif and Love avec le pifano, instrument du Nordeste à l’origine de la musique brésilienne qui intègre toutes les influences ; Maracuja crée avec humour un univers imaginaire et festif, et partage avec le public une allégresse chaleureuse.

Décidément Maracuja a un bon goût fruité !

Ont collaboré à cette chronique :

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