(69) Rhône

03/05/2019 – Mieko Miyazaki & Franck Wolf à l’auditorium du musée des Confluences

Mieko Miyazaki est actuellement en résidence au Musée des Confluences où elle propose toute une série de concerts allant de la musique classique à la musique traditionnelle avec comme dénominateur commun son instrument de prédilection le koto*, ce soir il s’agit du troisième concert, le duo « Dankin » avec Franck Wolf aux saxophones soprano et ténor. Ce duo s’est constitué il y a cinq ans et jette un pont entre musique occidentale et japonaise.

Le concert débute par un dialogue entre koto et sax soprano, point de japonaiserie comme on pouvait s’y attendre mais bien deux musiciens qui discutent sur ce qui pourrait ressembler à une improvisation, il s’agit en fait d’une vision d’un clocher du vent, Hurin Bell, comme on en trouve tant en Asie, « il faut bien capter le vent et en faire de la musique », c’est désarmant d’évidence.

Mieko Miyazaki est Tokyoïte elle y a passé de longues années et nous propose son interprétation du métro de Tokyo : Bochu train, avec le koto basse (l’instrument plus grand que le koto ordinaire mais aux proportions similaires), c’est trépidant.

Retour à une musique plus connue mais inattendue ici Lonnie’s Lament de Coltrane où Franck Wolf joue de son ténor avec une infinie douceur.

Franck Wolf nous propose ensuite une de ses compositions écrite spécialement pour le koto, un morceau avec treize notes (comme le nombre de cordes et de chevalets d’un koto) et en sept temps, Nanamieko (Nana signifiant sept en japonais).

Autre surprise et rebondissement du concert cet étonnant Hilf o himmel un traditionnel alsacien préservé par Roger Siffer (le Alan Lomax du cru) avec des paroles écrites en japonais par Mieko. Si ça ce n’est pas du brassage!

On bascule au Japon pour Sunayama (Colline de sable), une chanson japonaise du début du vingtième siècle.

Mieko nous explique qu’avant de s’installer en France en 2005 elle a tourné dans le monde entier avec un groupe de tambours traditionnels japonais … où le koto avait du mal à s’imposer face à ces gaillards. Néanmoins forte des belles expériences vécues elle a composé un morceau en hommage à ces musiciens énergiques The drums. Bizarrement il s’agit d’une composition assez peu japonisante.

Franck Wolf a composé un hommage à Jo Zawinul en 1994 : Two Joes, le voici dans sa version ténor et koto basse.

Pour le rappel ils nous offrent une version attachante d’Avec le temps de Léo Ferré au sax soprano et koto. Quel voyage !

En dépit de l’originalité de la proposition le public avait bien répondu et une salle au trois-quarts pleine a fait une ovation à ce tandem qui nous a offert une magnifique prestation. Un grand bravo aussi à Olivier pour ses lumières raffinées.

*: le koto est une longue cithare (en forme de dragon tapi), mesurant environ 1,80 m de long et comptant 13 cordes (source Wikipedia)

Mieko Miyazaki: koto, koto basse, voix ; Franck Wolf: saxophones soprano et ténor

Ont collaboré à cette chronique :

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