(38) IsèreJazz Club de Grenoble

09/05/2019 – Mawwâl au Jazz club de Grenoble

Ce jeudi 9 mai le Jazz Club de Grenoble recevait le groupe « Mawwâl ». Pascal Billot aux saxophones, Sergio Zamparo aux flûtes traversières, Mourad Baïtiche aux percussions, Michel Teissier à la basse, Géraldine Jacquier à la contrebasse et à la guitare ainsi que Kahaled Baïtiche à la vidéoprojection composent cet orchestre.

Transe acoustique contemporaine, c’est la définition que le groupe donne à sa musique! Pour quelqu’un qui a une culture jazzistique classique, cette définition étrange ne permet pas de cataloguer ce que nous allons entendre.  Ce qu’on peut imaginer, c’est qu’ils vont nous emmener dans un univers particulier et que la projection d’images sur un écran situé en fond de scène  va nous aider à entrer  nous aussi dans la transe.  Une très grande partie des morceaux joués dans ce concert font parti de l’album « Polymetric »que le groupe a récemment produit.

Le premier set débute par First Voyage, un rythme lent,  introduction aux percussions, un très beau thème joué au soprano et à la flûte traversière. La basse, la guitare et les percussions soutiennent le rythme lancinant  du morceau.  Avec Maloya le deuxième morceau, la basse et la contrebasse jouent à l’unisson une phrase répétitive qui, soutenue par les percussions, rythme le morceau,  le soprano et la flûte traversière alto se chargent du thème.  C’est Sergio Zamparo qui débute les improvisations, de très belles phrases qui s’intègrent parfaitement au style du morceau ; puis c’est à Pascal Billot de démontrer à son tour  sa parfaite maîtrise de l’instrument et la grande musicalité dont il est capable.  Avec le troisième morceau Syncopa on comprend ce qui sera le fil conducteur de ce concert, des phrases répétitives à la basse, à la guitare ou à la contrebasse, de très beaux thèmes orchestrés et joués par les vents et de formidables improvisations de nos deux soufflants qui ont rivalisé de virtuosité.  Dans ce type de morceau, il n’y a pas eu beaucoup de place laissée aux deux basses et à la guitare, néanmoins c’est une chance pour nos deux soufflants d’être tombés sur deux marathoniens de la musique comme le sont Géraldine Jacquier et Michel Teissier. Ils ont assuré la transe avec une régularité de métronome tout au long du concert, un véritable exploit et  je veux ici leur rendre l’hommage qu’ils méritent. Je ne vais pas non plus passer sous silence l’extraordinaire talent de percussionniste de Mourad Baïtiche qui faisait un superbe lien entre les basses et les soufflants.  Il est entouré de ses multiples percussions et n’a pas cédé heureusement comme nombre de ses confères à la facilité des percussions numériques. Au delà du rythme, il donne une couleur à chaque morceau qui colle parfaitement aux thèmes composés par Pascal Billot.

Avec Don Quichotte changement complet de style, une belle bossa nova. Pascal Billot nous fait le thème au baryton, et improvise avec un beau son et un phrasé à la Jerry Mulligan, un moment pour souffler après la transe des morceaux précédents.  Avec Noria, le morceau qui clôt le set avant le bis, la basse et la contrebasse jouent de nouveau à l’unisson, Géraldine Jacquier tapant les cordes de sa contrebasse avec un gros crayon, une trouvaille qui transforme le son et le rend encore  plus  dynamique. Les images de la projection montrent des gens qui marchent comme lors d’un exode et les improvisations de Pascal Billot au soprano et de Sergio Zamparo à la flûte traversière expriment tout ce qui pourrait être les vicissitudes  d’un long voyage.

C’est effectivement à un beau voyage au long court auquel Mawwâl nous a convié avec ces transes musicales contemporaines. Et le public du Jazz Club qui a voyagé avec eux les a longuement applaudis.

Ont collaboré à cette chronique :

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