(26) Drôme

11/05/2019 – « Looking for Alice » au Théâtre Le Calepin de Montélimar

Ils auront été, une fois encore, bien inspirés.
Samedi 11 mai, l’Espace Théâtral du Calepin ouvrait ses portes à la musique, pour une soirée chargée en émotions.

Mais, la musique d’abord. Sur la scène, le trio « Looking for Alice », une combinaison de trois jeunes talents, mais ça, on pouvait le deviner pour deux raisons : d’abord, parce que le choix d’artistes, fait par Le Calepin, c’est, en dix-neuf années, toujours révélé (plus que) bon, ensuite parce que le trio avait été « invité » par leur « guest star » d’un soir, Jessica Rock – dont on rappelle que Le Calepin est son berceau, musical ou tout court – Jessica Rock, un petit diamant qui s’est maintenant posé sur le sillon de sa carrière, et qui va poursuivre une belle route.

« Looking for Alice » n’aura pas laissé passé l’occasion de jouer sa carte à fond, la présence de Jessica Rock peaufinant une prestation déjà de grande qualité.

Pour ceux qui ignoreraient qui « se cache » derrière « Looking for Alice », on répare : à la guitare, Kevin Braci, Philippe Monge est à la contrebasse et Léo Danais à la batterie.

« L’habitué des lieux », c’est Kevin Braci, qu’on a déjà eu l’occasion de croiser au Calepin, lors de l’hommage à Didier Lockwood il y a quelques mois, ou en invité, lui aussi, pendant la prestation du Jessica Rock Trio, avec Maurizio Congiu et Thomas Domene. Maître es-guitare, on pourra retrouver Kevin le 4 juillet au Sunset, le 28 septembre au 38 Riv’ avec son quintet. Mais, avant ça, il sera, le 31 mai, à La Bellevilloise, avec le Panam Afro Grouve Connection. Kevin Braci, c’est un jeu à la guitare qui décoiffe, décuplé par une énergie farouche.

Philippe Monge, c’est du solide à la contrebasse, lui qui a commencé, à huit ans, par la flûte traversière (avec laquelle il obtiendra un prix en classique), avant de s’atteler à la contrebasse qu’il pratique depuis presque vingt ans maintenant. Philippe est aussi « la voix » du trio.

Et puis, il y a Léo Danais, un « futur grand », qui « trompe » parfois ses drums avec une basse, Léo que l’on pourra retrouver l’été prochain, pendant le Festival Parfum de Jazz, avec le Wanderlust Orchestra.

« Looking for Alice », c’est la réunion de trois copains, qui se sont trouvés au Centre des Musiques Didier Lockwood. Originellement baptisé « Waiting for Alice », ils ont, au final, préféré la chercher que l’attendre, « Waiting for Alice » étant déjà le nom d’un groupe de métal – qui leur avait fait savoir…. Leur credo : le blues, traditionnel, aux influences Nouvelle-Orléans ou aux accents jazz, une palette éclectique dont ils nous auront donné une belle démo.

La touche de grâce, c’est bien sûr Jessica Rock qui l’aura rajoutée, au piano. Peut-on encore commenter le travail musical de Jessica, sans pour autant passer pour un aficionado enragé ? Quel que soit le champ de ses investigations musicales, elle donne elle-même la réponse au clavier. Ce soir-là, son jeu aura encore séduit un public connaisseur, habitué à ses subtilités musicales mais qui en veut, encore et encore. Sublime, forcément sublime car, dans sa tête, et même si cela ne s’est pas vu, peut-être un regret qui ne disait pas son nom : le cocon familial du Calepin avait en effet programmé, en ce 11 mai, son dernier événement, après dix-neuf années passées au service des artistes. Et pour tous les amateurs de spectacles de qualité, la nouvelle a été rude à passer, on a, c’est vrai, un peu de mal à s’en remettre.

L’avenir n’est cependant pas forcément bouché. Peut-être, dans l’avenir, quelques « concerts privés » libéreront encore leurs notes au Calepin… En tout cas, sous une autre forme que celle que la ville a toujours connue.

Au final, au terme du concert, les coups de chapeau ne manquaient pas. A Kevin, Philippe et Léo, pour s’être inscrits sur la longue liste des trios-choc – ils ont encore le temps de bonifier cet état – à Jessica, pour avoir été égale à elle-même, nous confirmant ainsi qu’on avait bien raison de miser sur son talent de compositrice-interprête, à Huguette et Richard Rock, surtout, qui auront voulu offrir, dix-neuf ans durant, une scène ouverte à l’Art pur, quelle que soit la discipline. Privilège des personnes rares…

Jamais la phrase « ce n’est qu’un au-revoir » n’aura été tant espérée…

 

Ont collaboré à cette chronique :

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