(38) IsèreJazz Club de Grenoble

16/05/2019 – Marjolaine Paitel Trio Jazz club de Grenoble

Mettre des paroles sur des musiques de jazz en se les appropriant, tout en en respectant l’esprit, n’est pas chose aisée ! Mais, mettre des paroles en français, permettant de savourer les mots et leur poésie, c’est une autre défi auquel Marjolaine Paitel s’attelle avec brio.

Les compositions d’Alfio Origlio, trouvent avec Marjolaine une autre vie, une autre expression, et c’est cela que le public « gâté » du Jazz club de Grenoble a eu le plaisir de savourer ce soir.

Marjolaine Paitel, chanteuse lyrique de formation a su donner au jazz des couleurs personnelles et le titre de son dernier CD 1000 couleurs en est la traduction. Accorte, elle attrape les notes et le son avec ses mains en volutes continues. Avec sa voix chaude, feutrée et sensuelle, avec sa diction limpide, elle donne au jazz une dimension poétique et un goût de chanson française.

Bien sûr il y a les compostions d’Alfio Origlio, dont la générosité, la passion et la prodigalité ne sont plus à démontrer, maîtrisant avec panache le clavier de son piano et celui de son synthétiseur. Xavier Sanchez aux percussions, tout en finesse avec son cajon notamment, dont les yeux sont accrochés aux rythmes du piano et à la voix de Marjolaine, confirme l’osmose qui les unit.

Le trio a interprété les titres du CD 1000 couleurs : Hypnose, Enfantillage, Nuance, Insaisissable, le poids des armes (hommage aux six cent quarante deux victimes du massacre d’Oradour sur Glane le 10 juin 1944) 1000 couleurs. Mais aussi Blues indolent jadis interprété par Jeanne Moreau ou encore Didonade.

La musique au service des mots, à moins que ce ne soit le contraire !

Le trio a accueilli un quatrième membre, le jeune Noé Reine (vingt ans), guitariste et compositeur de talent. Malgré son jeune âge, il a déjà l’expérience et la gestuelle des grands. La preuve : les solos maîtrisés qu’il nous a offerts.

Le quartet s’est ensuite ressoudé, en donnant de l’ampleur aux Eaux troubles (d’après H2O d’Alfio), de la douceur à la Sérénade à Loulou et enfin de l’éclat et de l’espoir avec What a wonderful world de Louis Amstrong.

Pour le public, ce soir là, le monde était wonderful !

Ont collaboré à cette chronique :

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