(38) IsèreJazz à Barraux

31/05/2019 – Alfio Origlio / Célia Kaméni Quartet à Jazz à Barraux

Pour sa deuxième édition, le nouveau festival de Jazz à Barraux en Isère poursuit avec une programmation d’excellence. Vendredi soir nous avons eu le plaisir, dans la cour centrale du Fort de Barraux transformé en lieu culturel, d’écouter le fascinant quartet formé par le pianiste Alfio Origlio (Fender Rhodes et arrangements), la chanteuse Célia Kaméni, le contrebassiste et bassiste Brice Berrerd et le batteur Zaza Désiderio.

Le CD récemment édité du quartet, « Secret places », mixé aux studio de Jean-Paul Pelegrinelli nous avait convaincu ce printemps dernier (voir ici). Et puisque Jean-Paul était aux manettes ce vendredi à Barraux, et que les musiciens étaient heureux de faire équipe ensemble pour un si beau soir où mai aller basculer en juin, le concert ne pouvait être que d’une grande qualité. Et il le fut.

Il le fut, si j’en juge par mes oreilles: une balance impeccable, une grande clarté dans les échanges instrumentaux, dans les parties de chorus collectif comme par exemple dans leur version de Master Blaster (Stevie Wonder)

Si j’en juge aussi par la mine attentive d’un public médusé,  et qui fait une « ovation debout » (veuillez agréer l’expression française SVP).

Pour ouvrir le concert, Secret life of plants (Stevie encore), le son chaleureux du Fender Rhodes et la douceur de la voix de Célia se marient. Dès le second thème (Goldfinger immortalisé par Shirley Bassey) nous entendons clairement que Célia aime improviser et visiter à neuf les thèmes de tous ordres, ceux qu’elle aime et qui conviennent à un quartet de jazz moderne: Kiss from a Rose est sensuel, jazzifié, chorussé à plaisir. Jimmy Hendrix  a créé un Purple Haze qui maintenant swingue en valse et distorsions. Honneur est aussi rendu à Gregory Porter (No love dying here) et à l’amour qui nous protège par ses signes discrets: le feutre d’un chorus de contrebasse est là pour nous le rappeler. Afro blue, Norwegian wood (les Beatles) et Le Blues indolent (Jeanne Moreau) participent à cet éclectisme pop-rock, jazz, où la cohérence stylistique se fait par la force des arrangements et la qualité des interprètes: je suis impressionné par la beauté des chorus de chacun des quatre, et le plaisir de jouer ensemble est évident. Le public aime bien sûr!

 

Deux CD sont en vente à la fin de la soirée: l’un du quartet et l’autre d’un trio très original d’Alfio que je vous laisse découvrir grâce au  lien ci-dessous

https://alfioorigliopro.wixsite.com/alfio-origlio/boutique-albums-cd 

Ont collaboré à cette chronique :

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