(69) RhôneLe Radiant

01/06/2019 – « Black Odyssée » au Radiant-Bellevue

Cela fait quinze ans que Sabine Matomswé Kouli  nous propose son cycle « Absolute Gospel ». Ce soir au Radiant  nous assistons à la première de « Black Odyssée ».

Obscurité totale sur scène. Un tambour bat le rythme. Une danseuse liane prend possession du centre de la scène, avec son art elle occupe toute la scène et focalise les regards, le chœur à cours entame un premier spiritual. L’émotion grimpe d’un coup. Suit un work song illustré par un film d’archives où l’on voit des ouvriers (esclaves ?) travailler en rythme.

J’ai l’habitude de voir Sabine Kouli en chef de chœur, dirigeant des chorales ou avec Abigoba, on la verra sur la scène du théâtre Antique cet été aux côtés de Bobby McFerrin. Ce soir c’est quasiment une première pour moi. Elle est sur le devant de la scène comme chanteuse leader et croyez moi elle envoie du lourd. Il suffit d’entendre les murmures et frissons dans les rangées archi-pleines du Radiant.

Sur Strange Fruits elle est simplement accompagnée du clavier de Pascal Horecka son fidèle musicien et de la danseuse Kinda ça donne des « poils » même si on ne peut oublier ici la version de Billie Holiday.

Le concert monte progressivement en puissance. Sur Ill rise Sabine est accompagnée d’un trio piano, basse, batterie. Avec 1960 What (protest song immortalisée par … Gregory Porter) arrive un quatuor à corde et un trio de cuivres (sax, trompette, trombone). Le texte devient militant, les films d’archives aussi. Sabine laisse à l’orchestre une grande liberté. Ça tourne jazz.

Changement d’ambiance (et de tenue ) sur le fameux Work Song de Nat Adderley. L’orchestre swingue et les jambes commencent à se détendre dans le public.

Ce premier set s’achève sur un autre tube Feeling good qui maintient le public en température.

Le second sera d’une autre eau avec cette étonnante version du « Messie » de Haendel à la sauce Gospel qui empruntera à « Porgy and Bess » et aux arrangements de Quincy Jones.

Pour Hallelujiah (celui d’Haendel) retour de tout l’orchestre, ça a swingué sérieux avec les six choristes (dont Sabine).

Sur Spiritual la ferveur est palpable.

Le célèbre I loves you Porgy est interprété en solo par Sabine. Séquence émotion.

Avec Ain’t got no shame la danseuse Kinda a intégré le chœur et chante avec son corps. Belle trouvaille scénique que ce rôle d’électron libre.

Final très court sur Oh Lord I’m on my way.

Toute la troupe salue. Ovation du public puis standing ovation pour Kinda. Les deux heures ont passé très vite.

Sabine Matomswé Kouli: voix, direction artistique ; Muriel Gigan, Yéléna Ba, Nadia Nasri, Chiraz Ba, Mireille Meissimilly: chœur ; Pascal Horecka: claviers ; Julien Sarazin: basse ; Gregory Boudras: batterie ; Régis Ferrante: sax ténor ; Rémi Bulot: trompette ; Loïc Bachevillier: trombone ; Michaël Seigle, Aya Soubervie: violon ; Nicolas Seigle: violoncelle ; Manon Tnoudji: alto ; Kinda Gozo: danse

Ont collaboré à cette chronique :

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