(69) RhôneHot Club

13/06/2019 – Hot Club – Duo Nicolas Bianco et Federico Casagrande – Carine Bianco Trio

Deux formations, deux ambiances pour une même soirée au Hot Club de Lyon : dentelle acoustique pour commencer avec Nicolas Bianco à la contrebasse et Federico Casagrande à la guitare, énergie débordante pour continuer avec Carine Bianco au piano, Nicolas Bianco à la basse électrique et Sébastien Mourant à la batterie et aux percussions.

Nicolas Bianco et Federico Casagrande présentent pour la première fois en public leur album Sketch of Mountain, dont la traduction française pourrait être « esquisse d’une montagne ».  L’un survolant le manche de sa Telecaster, l’autre impulsant des vibrations profondes à sa contrebasse, ils brossent leurs compositions à la manière d’un peintre, procèdent par touches de couleur ou par grandes courbes, ménagent une place au silence et au blanc, au gré de leur imaginaire suscité par le nom d’un lieu entendu mais jamais visité (Nistos, Le pays lointain), une rencontre (18 avril, Yannic en Atoll), une ambiance ou des yeux d’enfant (Le regard de l’ange). Les atmosphères sont apaisées et apaisantes, à la fois intenses et douces, sobres et élaborées, cubistes et impressionnistes, toujours subtiles. Si la technique est là, et bien là, elle s’exprime dans la retenue, la nuance, la sensibilité à fleur de cordes. L’esprit du jeu est un pur joyau en la matière ; l’introduction à la contrebasse vaut à elle seule le déplacement : basses profondes et harmoniques célestes s’y côtoient avec délice au service d’une ligne mélodique enchanteresse. Cette musique est imprégnée d’humanité.

Le trio de Carine Bianco revient après quelques mois sur la scène du Hot Club (voir notre chronique du 18 janvier dernier) pour une séance de rattrapage autour du CD Eurydice #21. Dans l’intervalle, le projet a mûri à l’épreuve de la scène, et c’est une interprétation complètement différente à laquelle nous sommes conviés. L’ensemble y a gagné en audace et en spontanéité, les chorus sont téméraires et conquérants, les structures sont bousculées, les accompagnements prennent des libertés au fur et à mesure que l’on s’éloigne du studio. Un trio de caractère qui s’affirme. A (re)voir le 8 juillet prochain sur la scène de Cybèle au festival Jazz à Vienne.

Ont collaboré à cette chronique :

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