(69) RhôneJazz à Cours & à Jardins

14/06/2019 – « Steve Lacy’s isthms » ]FD’A[ 7tet à Jazz à Cours et à Jardins

Des cieux facétieux ont ramené musiciens et public à l’hôpital de Fourvière. François Dumont d’Ayot matérialise un vieux rêve avec cette création autour de l’album Songs (1981) de Steve Lacy et Brion Gysin. Le pluri-saxophoniste et flûtiste nous présente le mythique sopraniste américain et le poète anglais ainsi que celle et ceux qui l’accompagnent dans cette réalisation : Ewerton Oliveira au piano, Attilio Terlizzi à la batterie, Florent Pigache à la basse et Joellanne Joos au chant.

Tout comme  il ouvrait le vinyle, Gay Paree Bop ouvre le concert. FDA est au soprano. L’ordre de la suite est modifié. Pour revisiter Permutations : Junk Is No Good Baby, Jean-Marc Bailleux et Euréka, l’un chanteur, l’autre slameur, ajoutent leurs voix masculines à celle de Joellanne, FDA étant à la flûte. Sax ténor droit pour Keep the chance, joué en quintet. Jean-Marc reprend du service pour répondre au Conn-O-Sax dans Permutations : Kick That Habit Man. Retours du sax ténor droit et de la chanteuse pour revisiter Nowhere Street. Luvzya commence en duo Attilio/Jean-Marc et se poursuit en sextet avec le retour d’Euréka. Entamé à la flûte, Somebody Special semble tout indiqué pour une joute entre François et Joellanne. Permutations : I don’t Work You Dig, avec le Conn-O-Sax et le chant de Jean-Marc annonce la fin du voyage. C’est comme sur le disque,  Blue Baboon qui boucle la boucle en réunissant soprano et voix féminine.

Les mots de Brion Gysin étaient portés, en première ligne, avec précision et conviction par les voix de Joellanne, Jean-Marc et Euréka. Ce dernier, qui avait assuré une excellente première partie de haute tenue en slam solo, glissa quelques vers de son cru en français. L’idée d’éclater la répartition des trois Permutations a permis à ces pièces atypiques de ponctuer le concert en mode plus ludique. 

La musique de Steve Lacy a donné à François l’occasion de satisfaire son goût du changement d’instrument à chaque morceau… En seconde ligne, son fidèle batteur Attillio est toujours un orfèvre en délicatesse et précision grâce à son usage superlatif des balais et des fagots. Florent, son nouveau bassiste assure une assise infaillible aux rythmes de ce répertoire exigeant avec un son d’une belle rondeur. Le magnifique Steinway mis à la disposition d’Ewerton lui a permis de montrer les différentes facettes de son talent avec un son d’exception, tant dans l’accompagnement discret que dans de puissantes envolées. 

En une heure trente, nous avons partagé les neuf thèmes de cet opus de Steve Lacy & Brion Gysin : une partition suffisamment variée, des univers très différents, des musiciens parfaitement complémentaires, des arrangements très contemporains alliant l’esprit free à la plus grande rigueur, des artistes à la fois sérieux et enjoués, concentrés et souriants. Comme souvent, FDA était à jardin mais a montré, encore une fois, qu’il n’est pas à court d’idée !

Ont collaboré à cette chronique :

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