(69) RhôneJazz à Cours & à Jardins

15/06/2019 – ]FD’A[ 4tet « Pinocchio au pays de Guignol » à Jazz à Cours et à Jardins

Jazz à Cours et à Jardins a, pour la troisième fois, repris le chemin de La Maison des Enfants d’Oullins, ville jumelée à Pescia, patrie toscane du papa de Pinocchio : Carlo Collodi. Joseph-Marie Jacquard s’est éteint et repose à Oullins. Le père de Guignol, le canut Laurent Mourguet a sûrement travaillé sur son fameux métier à tisser. C’est d’ailleurs dans le cadre des fêtes du jumelage que François Dumont d’Ayot reprend sa création Pinocchio au pays de Guignol avec une équipe en grande partie renouvelée. L’auteur-compositeur est entouré d’ Attilio Terlizzi à la batterie, Florian Pigache à la basse, Ewerton Oliveira au piano, Claire Maxime au Pinocchio et Christophe Jaillet au Guignol.

Une dizaine de chapitres et autant de pièces musicales vont se succéder. L’histoire, un tantinet érudite, des deux célèbres marionnettes est déroulée. Quelques expressions bien lyonnaises sont mises dans la bouche du comédien qui ne lâche pas un efficace accent lyonnais. Sa complice ne cesse de donner vie à sa marionnette dotée d’une bouche mobile. Moult informations nous sont données avec le plus grand sérieux ou sur un ton plus humoristique. Quelques adresses au public, quelques injonctions et questions aux jazzmen, quelques calembours et autres traits d’esprit maintiennent l’écoute sur la durée…

Côté musique, des thèmes issus du répertoire foisonnant de FD’A prennent une nouvelle vie grâce aux « gones » qui ne sont pas des « bambanes » mais s’appliquent à donner tonus et vigueur aux compositions. Attillio a pris les baguettes pour privilégier la précision et la force. Florian se promène sur ses quatre cordes avec aisance et vélocité. Ewerton tire le meilleur d’un piano d’exception qui lui permet d’assurer puissance et douceur avec la même justesse. FD’A ne manque pas de souffle avec ses divers saxophones, clarinettes et flûtes avec efficacité et autorité. 

Côté public, notons la présence de Pinocchio(s) de papier réalisés par des enfants grâce au comité du jumelage, certains n’hésitant pas à les animer en rythme…

Une marionnette italienne née 80 ans après sa collègue lyonnaise, l’une pure création littéraire, l’autre simple tête de bois, l’une rendue célèbre par la mondialisation, l’autre ancrée dans son patrimoine local, la gageure de les faire se rencontrer semblait audacieuse. Le pari est en grande partie réussi. Leurs points communs sont mis en avant sans gommer leurs différences.  Même si l’alternance dialogue de marionnettes / pièce musicale peut sembler systématique, on n’oubliera pas ce passage en état de grâce : debout sur son tabouret, Pinocchio regarde et écoute le pianiste en tapant le rythme de sa main gantée. Nous étions tous des enfants… Merci à la seule « fenotte » de l’équipe pour ce pur moment de poésie !

Ont collaboré à cette chronique :

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