(69) RhôneJazz à Cours & à Jardins

15/06/2019 – Michel Édelin Quintet « Echoes of Henry Cow » à Jazz à Cours et à Jardins

« Alea jacta est ! » profère le chanteur en regardant le batteur qui feuillette un vieil « Astérix chez les Helvètes »… La flûte entre en jeu, suivie de la clarinette basse, de la batterie, de la contrebasse puis du piano. « Apportez la marmite de fromage fondu, bordel ! ». Tant par la musique que par les mots, on sait d’entrée qu’on va vivre un moment d’exception dans le gymnase de La Maison des Enfants oullinoise.

Michel Édelin avait vu sur scène le groupe anglais Henry Cow et la mémoire lui est revenue « comme la lumière d’une étoile nous parvient alors qu’elle n’est plus là, et que cette lumière est transformée par les couches atmosphériques… C’est la mémoire de la mémoire ». Il nous présente un membre du groupe originel John Greaves, passeur de mots. Le batteur Simon Goubert n’était pas membre du groupe, ni la pianiste Sophia Domancich, ni le contrebassiste Stéphane Kerecki, pas plus que le clarinettiste Sylvain Kassap. Le  flûtiste, lui, était dans la salle !
En soixante-dix minutes intenses, tirés de l’album Echoes of Henry Cow, sorti le mois dernier,  Beautiful as the Moon de Fred Frith et Chris Cutler, Living in the Heart of the Beast de Tim Hodgkinson, Half the Sky de Lindsay Cooper et Hodgkinson , War de Anthony Moore et Peter Blegvad, et un ultime duo flûte/voix  se sont succédé. Musique foisonnante, jazz d’aujourd’hui, virtuosité de chaque instant, formation rare, addition de talents qui multiplie les possibilités, sens aigu des changements de rythmes et d’ambiances sonores, textes poétiques riches de sens, english words, mots français, entrelacs de solos, duos, trios, quartets, quintets, sextets : quel cadeau pour les oreilles mélomanes qui avaient fait le bon choix en ce samedi orageux. Après la pluie vint le beau temps ! 

Ce quintet français et son invité britannique, (membre d’Henry Cow de 1969 à 1976), a confirmé, s’il en était besoin, que le jazz s’affranchit, plus que toute autre musique, de toutes frontières qu’elles soient stylistiques, temporelles, culturelles, linguistiques ou géographiques. Les connaisseurs ne s’y sont pas trompés. Un gymnase peut se muer en salle de concert. Les absents auraient tort de ne pas avoir la curiosité de découvrir le CD même si le spectacle vivant reste le meilleur moyen d’assouvir notre soif de découverte. Jazz à Cours et à Jardins, festival gratuit, le permet encore… Pourvu que ça dure !

Ont collaboré à cette chronique :

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