(69) RhôneLes Nuits de Fourvière

23/06/2019 – Salon de Musique de Vincent Segal aux Nuits de Fourvière

Nouveauté cette année aux Nuits de Fourvière, le concept des « Salons de musique », présenté avec humour par Richard Robert en charge de la programmation musicale du festival. Un salon de musique, vous savez celui où se retrouvent des musiciens et où forcément ça se met à jouer sans avoir préparé quelque chose.
Vincent Segal avait susurré au directeur des Nuits de Fourvière de créer ces salons au sein du festival. C’est désormais chose faite et le violoncelliste inaugure la première soirée tandis que d’autres suivront à la salle Molière.

Ce soir nous célébrons également les quinze ans du label Nø Førmat!  créé par Laurent Bizot et dont Vincent Segal est un des principaux représentants ainsi que plusieurs des musiciens sur scène ce soir.

Vincent Segal présente ses amis et explique le principe du salon de musique où une large place à l’improvisation sera donnée. Il s’agit d’une rencontre dans un grand salon chichement meublé avec une vue imprenable sur Lyon et le soleil couchant sur le Mont Blanc, rien que cela. Heureux musiciens, heureux invités que nous sommes.

Cela débute par un duo avec Ballaké Cissoko, plongée immédiate dans l’intimité des musiciens.

Première rencontre entre Piers Faccini, Vincent PeiraniEmile Parisien. Le langage est immédiatement commun.

Arrive un exercice intéressant « Emile, tu commences tout seul, free, puis tu nous emmène à Naples. Là, avec Lucie on arrive avec nos percussions et Piers nous rejoint. Et il le fera à cappella ». Impro totale. Vincent et Ballaké ne peuvent rester sur la touche.

La soirée se déroule ainsi, Vincent Segal suggère ou lance l’un ou l’autre. Tout le monde est en confiance alors chacun se mêle à propos à la conversation. Cela passe du dialogue à de la conversation de groupe autoregulée mais toujours avec goût et délicatesse.

On passe par des moments inattendus comme Vincent Peirani qui lâche son accordéon, se déplie et va faire un solo de mélodica sur un blues, ou le même qui se retrouve temporairement au chômage et va s’asseoir au milieu du public sur l’avant scène.

Gérald Toto lance une chanson, Piers la reprend et tout le monde s’en mêle dans le plus grand calme. Joli !

Émile et Vincent nous offrent une reprise de leur album Belle Époque : Temptation rag, un régal très apprécié par le public.

Après un magnifique solo de Ballaké, Lucie Antunes reprend le morceau Psappha de Xenakis (avec une immense partition de près d’un mètre carré collée sur un carton, il  faut préciser que le morceau dure plus de dix minutes !). Une pièce sophistiquée pour percussions solo avec congas, bongos, cloches, claves, grosse caisse, charleston et un immense tambour. Quatre mailloches et un pied droit pour dérouler le thème. Une véritable performance.

Après cela difficile de relancer, c’est Piers qui s’y colle avec Black Rose. Sa voix nous transperce et Vincent Peirani et Ballaké Cissoko viennent lui prêter main forte tout en douceur*, délicieux.

Retour à l’album Belle Époque avec Song of Medina (Casbah) de Sydney Bechet, entamé en duo comme il se doit, puis arrive le violoncelle et la kora.

La soirée est déjà bien avancée et Vincent Segal invite un ami musicien présent dans le public : il s’agit d’un joueur de duduk (dont je n’ai pas retenu le nom). Avec Émile, ils se livrent à une improvisation toute en légèreté. Le violoncelle et la kora soutiennent avant d’embrayer sur un thème de leur duo, Oscarine.

La soirée se termine avec des morceaux folkloriques : une tarentelle où Piers est bien à l’aise et un traditionnel mandingue. Mais en fait on n’en reste pas là … direction La Réunion avec un thème maloya … et d’autres encore…

Ne jamais laisser des musiciens dans son salon sans fixer des limites horaires!

 

 

Vincent Segal: violoncelle, direction artistique ; Ballaké Sissoko: kora ; Piers Faccini, Gérald Toto: voix, guitares ; Vincent Peirani: accordéon ; Émile Parisien: sax soprano ; Lucie Antunes: percussions

*: si si , il s’agit bien d’un oxymore.

Ont collaboré à cette chronique :

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