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27/6/2019 – Soul Train : stars are born ? (Manas – 26)

Le septet est tout jeune, il est né en novembre 2018. Mais chacune de ses « composantes » a déjà de belles pages musicales derrière elles et, lorsqu’on les écoute, on peut se dire « enfin, ils se sont trouvés »…

Venus d’horizons – et de régions – différent(e)s, les sept branches de cette étoile allient déjà une fraternité énorme, et une maîtrise totale de leurs instruments ou de leur voix. Cet ensemble a, en effet, deux voix et deux jolies voix, qui tiennent la dragée haute aux instruments qui les entourent.

Côté instrument, justement, c’est du sérieux, de l’appliqué, même si on sent à chaque instant un brin de folie qui les titille. Deux saxo, une basse, une guitare électrique, une batterie, un clavier (qui parfois chante) et une voix… ça, c’est pour la distribution. Mais un peu plus de profondeur s’impose.

Pour les saxophones, c’est la parité absolue : Florian Dupuy, après avoir travaillé l’alto, manie également le ténor comme le baryton. Quant à Jo Pasquet (si, c’est bien une dame…), elle sublime son alto. Originaire de Montpellier, Florian Dupuy a commencé à jouer à sept ans. Son parcours musical le fera pénétrer le monde du jazz, du ska, avec même une incartade dans l’Orchestre Harmonie de Montpellier dont il sera un temps le chef d’orchestre adjoint. Après un séjour à Paris, il est aujourd’hui un des piliers de Soul Train.

Son alter ego, Jo Pasquet, est Parisienne. L’histoire dit qu’elle montera son premier groupe… avec son kiné. Dans la Drôme, elle sera remarquée dans l’Harmonie de Nyons, puis fera partie d’un Big Band à Valréas dans le Vaucluse et d’un groupe soul.

Les voir jouer côte à côte est déjà un régal.

A la basse, Thierry (pas « Titi » s’il vous plaît..) Jacobucci. C’est à seize ans qu’il entame sa carrière de bassiste, au sein d’un groupe de rock. Il émigrera vers la chanson française, pendant de longues années, avant de « plonger » dans le jazz-rock, à Vienne. Si un accident a interrompu son parcours, il revient en force avec un jeu puissant et maîtrisé.

A la batterie, Gilles Nighersoli. S’il est « le benjamin » du septet, Gilles, derrière ses drums, n’en affiche pas moins une solidité à toute épreuve, et déjà un jeu « de grand ». Il a connu des groupes jazz, puis des orchestres de variétés, avant d’interrompre volontairement son chemin de musicien pour prendre celui de … papa. A trente-cinq ans, il replonge dans sa passion, pour le plus grand bonheur de Soul Train.

A la guitare électrique, Arnold Leroux, un pur Breton qui a fait ses gammes… dans les églises. Mais ses premiers groupes seront rock, ska, punk – ses années lycée. Proche de Coutances, le Festival « Jazz sous les pommiers » le fera basculer du rock au blues.

Aux claviers, Faby Debeda. Originaire du Berry (non, non… pas d’accent du tout..), Faby est issue d’une famille de musiciens, qui lui a fait suivre un parcours classique, au Conservatoire. Et on le sent bien, en regardant virevolter ses doigts sur les touches. Elle est aussi très investie dans des cours de musique africaine.

Pour les touches-charme du septet, on a donc déjà Jo et Faby. Il manque la petite cerise sur ce beau gâteau, au chant, Julie Court. Elle aussi Parisienne, Julie a commencé à chanter dans des groupes de rock, avant que son père ne lui mette le pied dans l’étrier du jazz, via notamment le Festival de Vienne. Après un premier groupe, en Drôme et en 2014, c’est en 2016 que sa route va lui faire croiser celle d’Arnold Leroux. De cette rencontre, par alchimie sans doute, se poseront les bases de Soul Train.

Le répertoire, non exhaustif, est soul, funk, rythm’nd blues…. Pour leurs débuts, ce sont essentiellement des reprises qu’ils proposent, mais des reprises réajustées à leurs couleurs et, en regard de leurs goûts très disparates, des couleurs, il y en a. La composition ? Oui, bien sûr, ils y pensent. Et ils y viendront mais, dans l’immédiat, asseoir Soul Train dans le paysage musical français est leur priorité, avec, déjà, un répertoire de 25 titres, au point.

Le 18 juillet, ils se produiront au « Bled », sur la route de Dieulefit, le 26 dans le joli village de Marsanne. Le 23 août, on pourra les voir à Vesc et le 29 septembre à Dieulefit. Des dates qui, on peut en être sûr, s’enchaîneront dans le futur. Soul Train est une belle découverte en cet été 2019 et on leur promet une belle route.

Merci, en tout cas, de nous avoir accueillis dans leur lieu fétiche de répétition…

Ont collaboré à cette chronique :

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