(38) IsèreJazz à Vienne

03/07/2019 – Juan Carmona Septet à Jazz à Vienne

Ce guitariste de flamenco est issu d’une histoire particulière : né à Lyon d’une famille gitane rapatriée d’Algérie où elle avait fuit le franquisme, lorsqu’il est en âge de le faire le jeune Juan Carmona part vivre en Andalousie dans la région de Jerez de la Frontera, là où l’on trouve l’un des flamenco au plus près de ses racines gitanes, il y restera suffisamment longtemps pour se faire reconnaître par ses pairs comme Manolo Sanlucar, jouer avec Chano Dominguez et accompagner le grand cantaor Agujetas. On l’avait déjà vu à Vienne en 2007, pour sa Sinfonia Flamenca avec l’ONL, Sinfonia qui aura été jouée à Sydney, Hong Kong, Sant Louis.

Il nous revient cette année pour son album « Perla de Oriente » qui est un carnet de voyage en Asie. On retrouve à ses côtés Paco Carmona, guitare et Patricio Domingo, flûte, déjà présents en 2007, et puis Piculabe et Noémie Humanes à la voix, Kike Terron aux percussions El Bachi à la contrebasse et le merveilleux danseur qu’est Sergio Aranda en état de grâce.

Juan Carmona après une introduction seul à la guitare est bientôt rejoint par les musiciens qui l’accompagnent dans ce voyage vers l’orient ponctué de titres évocateurs : Camiño Imperial, Luz de la Mañana, Mar de China, Casa de Té, Rumbo Pa Shangaï, Perla de oriente. Juan Carmona entrelace falsetas et palos au chant délicieusement mélismatique de Piculabe. Il alterne soutien au chant et fulgurances émotionnelles, fulgurances qu’il partage avec Sergio  Aranda, tous deux d’une expressivité merveilleusement épurée.

En 2008 dans un entretien avec Charles Geoffroy du Flamencoweb, Juan Carmona exprimait l’idée que le flamenco est d’abord un état d’esprit, avant d’être une musique, et qu’il nécessite qu’il faille allez chercher au fond de soi, avec une concentration extrême, ces trésors d’émotions que chaque soliste, instrumentiste, chanteur ou danseur, partage avec le public, dont acte après le concert de ce soir.

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