(38) IsèreJazz à Vienne

07/07/2019 – Soirée Caraïbes à Jazz à Vienne

C’est toujours une soirée musicale particulière dans le sens où c’est une soirée à danser et à faire la fête.

Mizikopeyi – Creole Big Band + special guest Alain Jean-Marie

Mizikopeyi, sous la direction de Tony Chasseur (voix et direction d’orchestre) et Thierry Vaton (piano, direction musicale et arrangements), reprend depuis 2006 une tradition un peu oubliée de jazz créole, la formation musicale de big band correspond à ce qui se faisait à l’époque où ce style était à son apogée. Avec cette formation on est plus près de la seconde période du Créole Jazz qui renait en Martinique dans les années 70.

Ceci explique l’invitation faite au pianiste Alain Jean-Marie, l’un des protagonistes de cette renaissance à cette époque-là, de venir partager quelques titres avec Mizikopéyi : sans doute l’acmé musicale de la soirée tant ce pianiste a l’art de transmuer, par son toucher plein de sensibilité, la moindre mélodie en émotion touchante.

Sinon l’orchestre tient ses promesses, Tony Chasseur silhouette de jeune homme et voix de velours assure, Jocelyne Béroard viendra le rejoindre pour un standard en anglais assez réussi.

 

Calypso Rose

Avec Calypso Rose c’est une autre histoire qui se raconte, un vrai talent de meneuse de revue ignoré hors Caraïbes jusqu’à présent, redécouverte et mondialisée in-extremis. Ses déplacements sur la scène nécessitent qu’elle soit accompagnée, mais la verve est là et la voix de la chanteuse toujours au rendez-vous. Elle interpelle le public, les photographes et fait le show avec talent. Quand au groupe de musiciens qui l’accompagne, c’est du solide, le groupe est rodé parfaitement en place et propose une prestation de haut niveau sur le plan individuel et collectif.

 

Kassav

C’est presque le point faible de la soirée, pour ceux qui sont venus danser, pas de problème, Kassav fait le job, c’est justement ce qui cloche « faire le job ». C’est bien, c’est propre mais pas forcément enthousiasmant, le son n’est pas extraordinaire, les voix sont noyées dans la masse instrumentale, même les voix de Jocelyne Béroardet Jean-Philippe Marthély ont du mal a passer, seul le timbre particulier du guitariste Jacob Desvarieux se fait vraiment entendre quand il chante. Grâce à la puissance de la basse et des claviers, Georges Decimus et Jean-Claude Naimro émergent un peu du magma musical. Un concert bien décevant qui manquait un peu d’âme ce soir. Ça n’a pas empêché les danseurs de s’éclater jusqu’au bout de la soirée et même après sans doute.

Ont collaboré à cette chronique :

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