(69) RhôneLes Nuits de Fourvière

20/07/2019 – Youssou N’Dour aux Nuits de Fourvière

Est-il encore bien utile de présenter Youssou N’dour ? Roi du mbalax dans le Sénégal des seventies, fer de lance du mythique orchestre l’Étoile de Dakar, mais également patron de presse, propriétaire d’un studio d’enregistrement, le chanteur fut aussi un temps Ministre de la Culture et du Tourisme dans son pays natal… A la fois artiste et homme d’affaires, Youssou N’dour est par dessus tout un homme profondément engagé pour son pays et pour l’Afrique tout entière…

Après plusieurs passages par la case Jazz à Vienne [NdlR : alors que Neneh Cherry y était la semaine passée!], le voici cette année aux Nuits de Fourvière. Avec quarante années de carrière au compteur, le « Petit Prince de Dakar » semble être pour autant resté le même, sourire aux lèvres, sincèrement ému à son arrivée dans l’arène, puis, dès le second titre, parcourant frénétiquement la scène de long en large, boosté par une généreuse bande de musiciens et choristes, qu’un danseur rejoint sur quelques titres pour mieux ambiancer le théâtre lyonnais conquis d’avance.

Une averse accompagne le début du concert, les ponchos translucides sont dépliés, mais le ciel reprend vite les couleurs d’un sunset estival. Sont égrainés sans temps mort les hits d’une riche discographie, les moins connaisseurs se retrouvent sur 7 seconds, tube interplanétaire que Youssou N’dour partageait avec la chanteuse Neneh Cherry en 1994. Un bel hommage est aussi rendu au zoulou blanc, Johnny Clegg, guerrier anti-apartheid, disparu quatre jours plus tôt du côté de Johannesburg. Le ciel semble se noircir, comme pour saluer cette triste perte. Asimbonanga

En guise de consolation après la défaite en finale de la Coupe d’Afrique des nations, Youssou N’dour effleure sans retenue les mains que tendent vers lui les premiers rangs de la fosse, des grappes de compatriotes bardés de drapeaux sénégalais.

Assurément, le groupe a le sens de la fête, Youssou et l’un de ses deux percussionnistes haranguent le public, le faisant danser et chanter jusqu’à l’apothéose finale lorsqu’une pluie tropicale s’abat sans prévenir sur les spectateurs. Le concert se termine en queue de poisson. Youssou Ndour épargne le public (et sans doute le matériel), préférant renoncer à un énième rappel. Chauffé à blanc, l’auditoire redescend brusquement sur terre, quittant les lieux trempé jusqu’aux os mais avec le sentiment d’avoir vécu un pur moment de communion musicale et humaine.

 

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