Troisième groupe sélectionné au concours, Ophelia ne se pare que de cordes. La chanteuse Ellinoa est entourée du guitariste Antonin Fresson (première prestation avec cette formation), de la violoniste alto et chanteuse Olive Perrusson et du contrebassiste et chanteur Arthur Henne. Héroïne shakespearienne, Ophelia est indissociable de l’univers aquatique évoqué par les motifs bleus repris sur les tenues de scène des demoiselles. Le sens du détail allant même jusqu’à y assortir les vingt ongles vernis de la chanteuse…

L’amoureuse d’Hamlet nous entraîne dans une épopée en huit chansons parfaitement orchestrées. Telles les diverses formes de l’eau, elles ont tour à tour la douceur et la fragilité d’une source, le calme et la sérenité d’un lac ou d’un étang, l’ostinato du clapotis de la pluie, la puissance tourmentée d’un torrent, les méandres sinueuses d’une rivière.

Avec quelques effets ou sans artifices, les cordes vibrent, claquent, crissent, bruissent, agressent, apaisent. La voix d’Ellinea est tour à tour porteuse de sens avec les mots (anglais essentiellement, un titre en français) ou de sensations avec le scat. Avec sincérité et sensibilité, sans une goutte de démonstration, la chanteuse montre l’étendue de ses capacités qu’elle partage avec l’altiste et le contrebassiste, souvent sollicités pour y ajouter leurs tessitures.

La parfaite cohérence du projet, l’originalité de l’instrumentation qui fait résonner cordes d’instruments et cordes vocales, la finesse de l’écriture, la subtilité des arrangements, la qualité irréprochable de l’interprétation ont incontestablement conquis le public.

Ont collaboré à cette chronique :

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