(26) DrômeCrest Jazz Vocal

01/08/2019 – Elina Duni Solo « Partir » au Crest Jazz Vocal

Elina Duni, compositrice, guitariste, pianiste et percussionniste, est avant tout une grande voix de la diaspora albanaise. Ce soir, c’est son dernier album très intimiste « Partir », qu’elle nous fait partager, en solo avec ses divers instruments.

Le fil conducteur de toutes ses chansons est le départ, la perte, la séparation, la déchirure, le déracinement, l’exil, bref : l’universalité du départ. Des expériences qu’elle a vécues, ayant été contrainte de quitter l’Albanie où elle est née.

Ses textes sont chantés en neuf langues différentes allant du bulgare, roumain, turc, albanais, portugais, italien au yiddish. Son inspiration trouve ses racines dans le répertoire traditionnel albanais, dans les folklores albanais ou arabo-andalou.

A cappella ou accompagnée, la voix d’Elina est envoûtante, évanescente, profonde, brisée, au service de ce spleen qu’elle évoque. Un père qui part, un homme qu’on quitte, un enfant qu’on retient, des exilés déchirés, cette autre forme d’exil qu’est le mariage, voilà ce qu’exprime avec délicatesse et force la voix incroyablement belle d’Elina.

Mais, comme l’art japonais du Kintsugi, la pâte contenant de la poussière d’or utilisée pour recoller les morceaux cassés des poteries sans cacher les fissures ; la résilience et la force de l’amour permettent de surmonter la perte pour renaître.

Cette métaphore est utilisée par Elina pour revendiquer l’élégance de nos fêlures par lesquelles la lumière rejaillit.

Cerise sur le gâteau, et toujours pour évoquer le Partir, sa reprise de la chanson de Jacques Brel Je ne sais pas, une pure merveille !

Ont collaboré à cette chronique :

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