(26) DrômeCrest Jazz Vocal

03/08/2019 – Conférence Crest Jazz Vocal « les villes du jazz ». San Francisco et Los Angeles : West Coast, vous avez dit West Coast ? Courant original du jazz ou mythe à l’ombre de Hollywood ?

La conférence du samedi matin clôture comme chaque année le cycle « les villes du jazz ». Cette année le thème est San Francisco et Los Angeles avec comme sous-titre : West Coast, vous avez dit West Coast ? Courant original du jazz ou mythe à l’ombre de Hollywood ?

Nicolas Bénies conclut sa semaine en résumant, les villes, les quartiers et les ghettos comme Watts qu’il a présenté. Il resitue ensuite ce fameux style West Coast appelé encore Jazz Cool dans la chronologie historique, car il arrive après le Be Bop comme un mix ou une synthèse de Lester Young et de Charlie Parker. Il précise que le Jazz Cool, s’il s’est développé en Californie, a pris naissance à New-York avec l’album de Miles Davis The Birth of cool. Un nonette qui a expérimenté de nouvelles sonorités, entouré de musiciens blancs issus de Workshop.

Le conférencier définit ce nouveau style comme une idée de modernité traditionnelle qui transforme les références, c’est une sorte de « retour vers le futur ». Il le définira aussi comme un « Jazz de chambre ». Et l’on va assister à une sorte de racisme à l’envers ou de discrimination de jazz blanc. Les critiques américaines comme françaises ne seront pas tendres avec ce nouveau style, y compris le grand Boris Vian qui écrira des bêtises au sujet du Jazz Cool selon Nicolas Bénies. Finalement, ce sera un style non pris en compte et délaissé. On découvrira ce style avec les écoutes de standards arrangés comme I fall in love too easily chanté par Chet Baker, Making Woopy interprété par Gerry Mulligan ou My funny Valentine interprété par Chico Hamilton.

Nicolas Bénies insiste sur un aspect vraiment particulier de la West Coast. Alors que les Big Band ont disparu à New York et Chicago, ils survivent en 1945 sur la côte Ouest. Il illustre son propos avec l’écoute de trois d’entre eux. Celui de Gerald Wilson interprétant Milestone. Et des deux plus connus, celui de Woody Herman jouant Four Brothers et Stan Keaton jouant un concerto déstructuré.

Le conférencier poursuit avec les chanteuses et les chanteurs. Nous découvrirons ou redécouvrirons les voix de Julie London avec Cry me a river et June Christy pour Get happy et Something cool. Côté tessiture masculine, il nous propose l’écoute de Too close to comfort par Mel Tormé.

Comme d’habitude les conférences sont riches en références pour la filiation des orchestres et des musiciens. Nicolas Bénies nous livre la grande et la petite Histoire du jazz à travers les faits et anecdotes. Il insiste sur Zoot Sims entendu dans les orchestres, s’excuse de ne pas avoir programmé Dave Brubeck et Paul Desmond mais ils sont très connus. Il conclut en nous disant « qu’il n’y a pas de spécificité du Jazz West Coast, c’est selon la géographie ou le concept, faites votre conclusion vous-même ». Pour cela, il nous a donné pas mal de matière pour (se)nous faire notre propre opinion ! Et nous donne rendez-vous l’année prochaine pour la suite du cycle « les villes du jazz ».

Ont collaboré à cette chronique :

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