(26) DrômeParfum de Jazz

12/08/2019 – Cecil L. Recchia & The Gumbo au Théâtre de Verdure de Mollans-sur-Ouvèze

Les critiques de jazz de référence ont encensé son album « The Gumbo » (2018), comparant sa musique à ce « plat cajun, mélange d’épices et de saveurs », comme un résumé gastronomique de la musique de la Nouvelle Orléans.

Ce soir, dans le nouveau théâtre de verdure de Mollans-sur-Ouvèze au pied des vieilles maisons en pierre chaude, Cecil L. Recchia et son quartet ont confirmé ces écrits dithyrambiques mérités.

Malgré son pied blessé et sa béquille, elle nous  emmène en balade en Louisiane où naquit le jazz, pour le faire redécouvrir à sa manière dynamique, poétique et swinguante. Sa voix chaude et profonde est un instrument comme les autres en parfaite osmose avec la trompette, parfois bouchée, de Malo Mazurié, le piano de Pablo Campos, la contrebasse d’Edouard Pennes et la batterie de David Grebil. Ce dernier est aussi le compositeur, l’arrangeur et le directeur artistique du groupe.

On y était vraiment en Louisiane, tant l’ambiance sur scène était dansante, énergique, sensuelle et chaleureuse. Nos pieds martelaient cette terre énergisante. Chaque musicien a mis sa part de couleur et d’épices, en solo ou pas, pour accompagner la voix gourmande de Cecil.

Que dire de cette reprise de Egyptian Fantasy de Sydney Bechet, sur laquelle Cecil a mis des mots ? Parade funèbre, parade de mardi gras ? La déambulation lente est magnifique d’intensité et de chaleur.

Avec le titre The Gumbo, Cecil confirme son goût pour la gastronomie qui, pour elle, est la métaphore qui convient le mieux à cette musique métissée de la Nouvelle Orléans.

Et voilà Jumbalaya, sorte de bouillabaisse au rythme caribéen très dansant, chaloupant ; ou encore Big butter and egg man, chanson dans laquelle Cecil voit plutôt une femme qui aimerait trouver un homme qui s’occupe d’elle.

Et c’est aussi des morceaux de Jenny Roll Morton, ou Zulu King, Bourbon Street Parade, Toutima , flamboyants et colorés.

Mais c’est aussi une ballade intimiste Sleep time down south, qu’interprète Cecil au plus près des notes, accompagnée par un piano nostalgique.

Le voyage se termine dans l’allégresse totale, et les musiciens repartent en procession comme dans une parade dans les champs de coton.

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