(26) DrômeParfum de Jazz

14/08/2019 – Line Kruse Septet à Buis-les-Baronnies

Ce mercredi soir, troisième concert de la semaine en Baronnies, du festival Parfum de Jazz, pour sa vingt-et-unième édition, au théâtre de verdure de La Palun de Buis les Baronnies.

Quel bonheur de revoir et réentendre la violoniste, compositrice et arrangeuse Line Kruse que nous avions eu le plaisir d’apprécier auprès de Gotan Project mais surtout accompagnant divinement Minino Garay.

Elle est ce soir superbement entourée de six acolytes et non des moindres, la fine fleur du jazz hexagonal, mais également d’un talentueux comparse et compatriote danois, Jesper Riis à la trompette.

Nous aurons droit à deux sets quelque peu différents, le premier tout en rigueur et en perfection, le deuxième plus joyeux et décontracté.

La presque totalité du concert sera issu de son avant-dernier disque « Hidden Stone » enregistré en 2016 avec un grand orchestre de jazz ainsi qu’un quintet à cordes.

Se succéderont Klein’s Nachtmusik, en hommage au pianiste argentin Guillermo Klein, Haut de Cagnes composé par Pierre Bertrand, Flores para nini écrite d’après un rythme du folklore argentin Samba (rien à voir avec la Samba brésilienne), puis un Tango danois (sic) intitulé Tango la jalouse, un Fascinating Rhythm de George et Ira Gershwin (1924) traité de façon très funky, Hidden Stone, sur un rythme afro-péruvien dansant et sautillant Festejo, Dream une rêverie bousculante, et pour finir, avant le rappel inévitable, attendu et espéré, Comme Bach sur un rythme endiablé.

 

Même si son jeu rappelle furieusement le style de jazz européen, voire même l’école française de violon, on sent l’inspiration sud-américaine, latine qui resurgit dans ses compositions ou ses arrangements.

Le violon se promène seul ou à l’unisson du piano ou des vents créant parfois une pâte sonore à l’harmonie étonnante.

Line Kruse est de toute évidence à la croisée des cultures, mais garde une manière toute personnelle d’écrire ou d’arranger, un cachet véritablement original, une facture propre et authentique, une façon de jouer avec des tournures peu usitées, en bref elle a de toute évidence une maîtrise majestueuse de l’art du Jazz !

Les arrangements sont millimétrés, les riffs d’une précision inouïe, on est ébloui de tant de virtuosité au service d’une musique savante mais néanmoins accessible.

Les musiciens sont épatants, les arrangements si précis laissent néanmoins la place à de magnifiques solos que chaque instrumentiste a pu prendre à loisir.

Une joie diffuse, permanente, sourd de chaque pièce, rendant chaque moment jubilatoire !

Une sublime soirée et un superbe coup de cœur !

A écouter d’urgence pour compléter cette représentation, le tout dernier album enregistré en 2019 à La Havane, « Invitation », un bijou !

 

Line Kruse: violon, arrangements ; Jesper Riis: trompette, buggle ; Denis Leloup: trombone ; Pierre Bertrand: saxophones soprano et ténor, flûte traversière ; Jean-Yves Jung: piano ; Gilles Coquard: basse électrique ; Francis Arnaud: batterie

 

NdlR :

Nous ne pouvons résister à l’envie de reproduire le mail reçu par Parfum de Jazz à l’issue du concert. Il s’agit d’une copie conforme (fautes d’orthographe comprises)

Bonjour,

Je sors tout juste du concert de ce jeudi 15 aout.
J’ai payé 3 place pour voir la fameuse musicienne jouer du Jazz avec sa bande.

Pas pour écouter du tango argentin…

Je ne doute pas du talent de la meneuse ou même de ses musiciens, mais le sujet du concert n’était pas approprié pour moi, nous avons eu droit qu’à 2 véritable morceaux de jazz classique et peut être 1 morceau encore…

Tout le reste relevé de l’expérimental pour mélomanes affirmés, et encore …

Je vous demande donc dans le olus grand respect pour votre travail, un remboursement des places qui est certe un peu adrupt mais tout à fait légitime parce que… Bah c’était pas du vrai Jazz quoi !

PS:
Les bénévoles ont fait un travail monstrueux, mention spéciale aux couverture d’ailleurs !

 Par charité nous ne vous communiquons pas les coordonnées de l’expéditeur.

Ce n’était peut-être pas du jazz mais Jazz Magazine dans son n° d’août 2019 (p 4&5) n’y a vu que du feu

de même que de nombreux amateurs et journalistes spécialisés présents à Buis-les-Baronnies ce soir-là.

Ont collaboré à cette chronique :

X