(26) DrômeParfum de Jazz

15/08/2019 – Cécile McLorin-Salvant et Sullivan Fortner à Buis-les-Baronnies

Le public nombreux de Parfum de Jazz, attendait ce soir avec impatience, la musicienne chanteuse de Jazz, Cécile McLorin-Salvant et le pianiste Sullivan Fortner.

Auréolée de ses multiples récompenses, dont le Prix Thélonius Monk en 2010, ou son troisième Grammy Award reçu cette année, Cécile s’installe dans le creux du piano, comme dans un club de jazz.

Ceci présage de la tonalité globale du concert : douceur, intimité, nostalgie.

Cécile est une jeune musicienne franco-américaine, dont le bel instrument qu’est sa voix a su exprimer toute l’émotion que se dégageait des morceaux choisis pour ce concert.

Sa voix s’épanouit comme de la dentelle, expressive et fine, toute en nuance, aidée par une diction parfaite.

La partie française de son répertoire est attachée à des chansons du début du XXème siècle, de Damia, notamment J’ai le cafard, dont elle a su traduire la truculence, avec un léger soupçon de vulgarité ; ou A clef qu’elle a composée à partir de ces vielles chansons françaises. Léo Ferré était également à l’honneur avec sa magnifique reprise du poème d’Aragon Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, servi par la chaleur de la voix et son réalisme.

Sullivan Fortner est un pianiste organiste originaire de la Nouvelle Orléans, et qui mieux que lui pour accompagner subtilement, brillamment et avec un trait d’humour, le répertoire des grandes chanteuses de jazz du XXème siècle que Cécile aime tant : Bessie Smith, Sara Vaughan, entr’autres.  De grandes plages d’improvisation laissées au piano permettent d’ailleurs d’apprécier son talent.

Cécile semble réincarner la voix de ces grandes dames dans ce répertoire calme et nostalgique ou parfois drôle comme dans Let’s face the music and dance ou le titre de Bessie Smith Nobody in Town Can Bake a Sweet Jelly Roll Like Mine, une chanson pleine de sous-entendus (comme souvent dans le répertoire afro-américains).

Toujours dans des tonalités douces et lentes, qui furent la colonne vertébrale du concert, et dans lesquelles la voix de Cécile a pu exprimer toute sa délicate finesse : Sweet memory, Speak low, I’ve got your number , Our love will never die, etc…

Puis c’est avec émotion et reconnaissance, qu’elle a évoqué ses débuts au Conservatoire d’Aix en Provence, et la chance qu’elle a eu de trouver sur son chemin un professeur de la classe de jazz, qui a cru en elle et l’a encouragée. Ce professeur, Jean-François Bonnel, étant dans le public, est monté sur scène et a accompagné avec sa clarinette, le duo jusqu’à la fin du concert, avec notamment Body and soul.

Le public en redemandait et les musiciens revinrent deux fois encore.

Mais c’est avec un Nocturne de Chopin et a cappella que Cécile a magnifiquement mis un point final au concert.

Ont collaboré à cette chronique :

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