(26) DrômeParfum de Jazz

16/08/2019 – Rita Payés Quintet à Buis-les-Baronnies

Ce vendredi soir, cinquième concert de la semaine en Baronnies, pour la vingt et unième édition de Parfum de Jazz, au théâtre de verdure de La Palun de Buis les Baronnies.

Une jeune artiste espagnole, Rita Payés,  qui n’a pas encore vingt ans, se présente timidement, trombone sous le bras, entourée d’un combo de jazzmen français aguerris, pour nous proposer une soirée fort variée.

On commence fort par un Someone to watch, de George et Ira Gerschwin (1926), redécouvert récemment à nouveau grâce à  la version de Sting, puis Bittersweet où l’on découvre la voix particulière de cette chanteuse, à la fois profonde, feutrée et très légèrement acidulée, puis un classique Desafinado, Bossa Nova écrite par Antonio Carlos Jobim en 1958, rendue célèbre par João Gilberto, avant de devenir un standard mondial, où  Rita Payés excelle au chant et au trombone ; Day by Day que fredonnait Frank Sinatra en son temps, avec un joli duo contrebasse / voix ; puis Skylark de Johnny  Mercer (1941) ; If I ever would lean ; I’‘m old fashioned, où l’on remarque le son ouaté du trombone et le sens aigu du tempo et de l’improvisation de Rita ; Luisa ; Shiny Stockings de Frank Foster, composée pour Count Basie, ici dans une version très mainstream ; Sabor a mi écrit en 1959 par Alvaro Carrillo, boléro qu’elle interprète en irradiant de joie la scène ; Well you needn’t de Thelonious Monk (1947) carré, parfait ; puis en rappel, retour au Bop  avec Cedar’s Blues de Cedar Walton.

Une cohésion étonnante malgré le fait que le groupe se soit formé assez récemment. Rita Payés dirige avec calme, sérénité et doigté ses musiciens, on sent une ambiance étonnamment zen et reposante dans la façon d’aborder chaque thème. Elle nous fait ressentir de nombreuses émotions ; nostalgie, joie, insouciance, tendresse …

Chaque musicien a pu avoir son quart d’heure de gloire avec de magnifiques solos, même si l’on se demande si certains n’ont pas eu la tentation d’une certaine retenue pour laisser le rôle prépondérant à la toute jeune et talentueuse leader.

On le voit, un programme plutôt classique, Bop, Bossa, Mainstream, qui permet de découvrir les possibilités à la voix et au trombone d’une future grande artiste qu’il faudra suivre attentivement les prochaines années.

Encore une belle soirée savourée avec un vrai plaisir !

 

Rita Payés: voix, trombone à coulisse
Fabien Mary: trompette
Vincent Bourgeix: piano
Fabien Marcoz: contrebasse
Stéphane Chandelier: batterie

 

Ont collaboré à cette chronique :

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