(26) DrômeParfum de Jazz

23/08/2019 – Christine Tassan & Les Imposteures à Saint-Paul-Trois-Châteaux

Le vendredi 23 août pour Parfum de Jazz , la place Castellane de Saint-Paul-Trois-Châteaux accueillait un quartet étonnant, attachant, swinguant…  Christine Tassan et les Imposteures, pour un concert unique dans la belle Drôme Provençale.

A l’accent, d’emblée, on reconnaît les origines. Ce quartet-là a traversé l’Atlantique, en provenance de cette belle province canadienne, si liée à la France. Musicalement, Christine Tassan et les Imposteures, c’est un grand écart – théorique – entre deux monstres sacrés de la musique, qui plus est au service du même instrument, Félix Leclerc et Django Reinhardt. Un grand écart que le quartet a considérablement réduit.

L’Histoire dit que Leclerc et Reinhardt se seraient rencontrés, en 1950, à Saint-Germain-des-Prés. Au Cristal Hôtel. Une estime réciproque en serait née. C’est en hommage à cette rencontre que Christine Tassan et les Imposteures ont fait leur album « Entre Félix et Django » dont ils sont venus présenter la plupart des morceaux.

Mais ces « Imposteures », qui sont-… ils ? – eh oui, quand même la présence de Jeff Moseley masculinise la question, la question et tout le quartet finalement puisque la formation initiale connaissait ce samedi soir quelques petites modifications : à la guitare rythmique, en lieu et place de Lise-Anne Ross, Jeff Moseley. Et à la contrebasse, remplaçant au pied-levé Blanche Baillargeon, Sylvaine Arnaud.

Comment ? Deux remplaçants ? Mais on était rassurés très vite. La pêche, le swing, l’entrain… tout était là pour que les « impostures » n’en soient plus et pour que les « Imposteures » s’entendent le plus possible. Unir Félix Leclerc et Django Reinhardt, il fallait oser. Mais, derrière sa guitare, Christine Tassan n’a peur de rien et, elle et son ensemble l’ont fait et l’ont bien fait. Dernier angle de ce carré magique, qu’on ne peut oublier eu égard à sa virtuosité, Martine Gaumond au violon. Au violon et à la voix, parce que, dans cet ensemble, tout le monde est « vocal »finalement, pour le plus grand bonheur de leurs spectateurs, chacune (et chacun) étant juste dans leurs instruments pour donner in fine un voyage entre Québec et le Hot Club de France, qui a fait l’unanimité.

Le quartet s’est formé en 2003, et son existence est déjà une petite performance ; car au Québec, le « jazz manouche » n’a pas vocation à faire émerger les musiciennes. D’où la présence de Jeff Moseley à la guitare rythmique qui a su faire sa place au sein du quartet et dont il est maintenant l’un des piliers.

Cette soirée aura apporté un plaisir immense par la restitution de deux sonorités entremêlées, celles de deux grands guitaristes à la renomée mondiale. Christine Tassan a parfaitement réussi son pari, de proposer, au sein de son quartet, un album frais, inspiré, surprenant mais ô combien scotchant et inédit. On était tous, ce soir-là, revenus en 1950, et témoins d’une amitié qui aura permis de déboucher sur de si belles mélodies.

Encore une belle pioche pour Alain Brunet, et l’ensemble de ses bénévoles, dont le travail au service du Jazz n’est plus à démontrer…

Christine Tassan : guitare solo, voix, compositions, arrangements ; Martine Gaumond : violon, voix, arrangements ; Sylvaine Arnaud : contrebasse, voix ; Jeff Moseley : guitare rythmique

Ont collaboré à cette chronique :

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