(38) IsèreJazz à Vienne

24/07/2019 – Ben Harper & The Innocent criminals + Olivier Gotti + Rosedale à Jazz à Vienne

Suite à l’orage qui avait conduit à l’annulation du concert du 1er juillet, la direction du festival et la production avaient réussi le tour de force de trouver une date de rechange dans les minutes qui ont suivi l’annulation. Nous étions donc 7500 (jauge pleine) présents ce 24 juillet pour le concert de Ben Harper.

En ouverture, nous avons retrouvé Olivier Gotti-presque le régional de la soirée- qu’on avait découvert en effet ici en 2013, grâce à Jean-Pierre Vignola en ouverture de Santana. Le style n’a pas varié, le propos s’est affirmé musicalement, quelques boucles et effets vocaux en plus, et son éternel lapsteel sur les genoux. Excellent choix de la direction artistique du festival.

En seconde partie le groupe Rosedale fait forte impression avec son blues-rock efficace et décidé, à l’image de la chanteuse Amandyn Roses. Le guitariste Charlie Fabert a depuis longtemps quitté les rives de l’imitation pour produire un blues inventif à travers des solos bien à lui, où le son de la guitare sort des sentiers battus. On ne sait plus bien quel instrument on entend mais on s’en fiche un peu, c’est du matériau sonore travaillé, sculpté, et qui fait planer.

 

Enfin arrive Ben Harper, sans fioriture, sa seule présence fait événement, la voix douce, pour s’excuser du retard dû à l’orage, puis pour chanter, crée une aura d’une densité exceptionnelle. La tournée n’est pas basée sur un album, Ben Harper en profite pour revisiter quelques uns des titres qui ont jalonné sa carrière, Excuse Me Mr, Flight For your Mind ,Walk Away. Il laisse même de la place au bassiste qui chante Them Changes. Les plages plus dynamiques alternent avec des séquences plus intimistes, guitare et Weissenborn électriques et acoustiques se succèdent, quelques titres en solo, et même une chanson a cappella, dans un théâtre antique c’est possible alors que quelques uns ne peuvent résister et s’y risquent, pour un très fort résultat.
Le set se termine par un éblouissant solo de Weissenborn sur Gold to Me, et Diamonds  on the inside termine le set. Mais ça n’est pas fini, le groupe revient pour un rappel généreux de quatre titres avec Welcome to the Cruel World, titre et album qui l’ont fait connaître, comme ultime salut. Rarement voit-on des chanteurs en osmose complète avec leur instrument comme Ben Harper. Rarement  voit-on des artistes d’une telle authenticité. La simplicité dont fait preuve Ben Harper sur la scène va de pair avec une énorme présence qui dégage une positivité bienveillante.

Ont collaboré à cette chronique :

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