(74) Haute SavoieClermont Jazz Festival

25/08/2019 – Don Menza & Ralph Moore Septet « The Stan Getz Project » au Clermont Jazz

Jean-François Gojon, président du Jazz Club d’Annecy, ne manque pas de superlatifs pour présenter la soirée. Honneur au jazz et surtout aux saxophones puisque quatre sont en première ligne de ce septet. Et non des moindres Don Menza et Ralph Moore, aux ténors. Allez faire un tour sur internet vous y découvrirez des CV rares et très fournis comme rarement. Ils sont secondés par Fulvio Albano au ténor et Thomas Savy au baryton. A la batterie c’est Bernd Reiter, on l’apprendra plus, le « band-leader » et à la contrebasse un comparse de Fulvio : Aldo Zunino. Au piano c’est rien moins qu’Olivier Hutman. Quelle bande !

Visiblement Don Menza semble ravi d’être là et nous le fait savoir, ravi d’être bien entouré, ravi de nous servir un bout de ses plus de soixante-dix ans d’expérience (il a quatre vingt trois ans, il est né en avril 1936).

Le concert débute par un Voyage de Kenny Barron, les chorus se succèdent Fulvio Albano, Thomas Savy, Olivier Hutman, Ralph Moore, Aldo Zubino, Bent, Don Menza.

Trois ténors, trois écoles, trois sensibilités, trois fois plus de plaisir.

Don nous raconte sa vie. A douze ans il découvre un saxophoniste devant chez lui, il est hypnotisé, il veut jouer de ça, il (sa mère) loue un sax à 3$ par mois. Pendant deux ans il s’entraîne dans sa chambre et décide d’en faire son métier au grand désespoir de sa mère. Il persiste.

On passe à ses références, Il prend une bouteille d’eau à ses pieds « Cristalline », c’est le qualificatif qu’il donne à l’un de ses maîtres Stan Getz qui fait l’objet de l’hommage de ce soir.
The girl from Ipanema sera de nouveau prétexte à des chorus répartis entre toutes et à de belles improvisations
Ensuite on fait un tir groupé pour honorer à la fois Stan Getz, Sonny Rollins mais aussi Lester Young avec It don’t mean a thing, les ténors s’en donnent à cœur joie très bien soutenus par une section rythmique alerte.

1949 album »Summer secrets » d’où est extrait Early autumn, un thème coolissime avec des soufflants tout en rondeurs.

Le concert tourne un peu à la conférence car Don Menza fourmille d’anecdotes sur Stan (Getz), et on se dit que l’on entend l’histoire par un de ses acteurs alors on savoure.

Pour le rappel il vire ses musiciens à l’exception d’Olivier Hutman et nous parle de son premier saxophoniste vu en live Coleman Hawkins, qui fut le maître de plusieurs générations, il évoque ses versions de Body and Soul depuis 1939 et nous joue une version enregistrée à Paris. La encore RESPECT!

On aurait pu attndre un peu plus de chaleur du public annécien pour tenter d’avoir un second rappel… dommage car il est hautement improbable que l’on puisse revoir de sitôt cette formation et Don Menza a des aspirations à couler des jours heureux auprès de de Rose, son épouse depuis plus de soixante ans.

Ont collaboré à cette chronique :

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