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31/08/2019 – BatÔjazz à Chanaz : Olivier Gotti

Nous avions découvert Olivier Gotti en juillet 2013 à Vienne en première partie d’un autre guitariste Carlos Santana. Près de huit mille personnes étaient là pour ce dernier, et pas trop pour le premier il faut l’avouer.

Qu’importe, c’était le pari de Jean-Pierre Vignola (un des programmateurs de Jazz à Vienne) qui l’avait repéré auparavant à Blues sur Seine où il avait brillé.

Olivier crânement s’était emparé de la scène. Il s’était coincé dans sa bulle et nous avait fait une démonstration éclatante de son talent. « Couillu » le mec!

On l’a revu le 25 juillet dernier toujours à Vienne en première partie de … Ben Harper, son idole.

Être musicien et jouer après lui doit être un honneur.

Ce soir à Chanaz, magnifique village de Savoie, on retrouve donc Olivier seul en scène avec sa guitare Weissenborn.

Seul ?

Moins qu’avant.

Il dispose désormais d’un set de pédales, de loopers, d’un pad qui démultiplient sa prestation.

Du blues bien sûr, mais pas que. Certains titres empruntent à d’autres registres comme Better run ou No flowers no crown, plus électriques et pop. On n’arbore pas un t-shirt Stax impunément.

Le musicien a évolué mais reste proche de ses racines de la rue qui est sa muse et son théâtre.

From the darkness the light l’histoire d’une erreur judiciaire ou un type a passé dix huit ans en taule pour un crime dont il était innocent, retour donc à l’esprit blues .

Arrive la minute didactique. Olivier prend le temps de nous expliquer ce qu’est une guitare lap steel (à ne pas confondre avec sa grande sœur la pedal steel). Il évoque aussi la particularité des « Weissenborn » (du nom de son inventeur un luthier d’origine allemande, immigré aux Etats-Unis et qui a eu une la bonne idée d’exploiter le manche de la guitare pour étendre la caisse de résonnance et de surfer sur la mode des guitare « hawaïennes » très demandées à l’époque).

Place à une reprise : Nobody’s fault but mine un titre de Blind Willie Johnson (1897-1945), l’un des rares artistes à jouer et du blues et du gospel, on ne mélangeait pas à l’époque la musique du diable et celle de dieu. Artiste maudit mais artiste de l’espoir. Olivier reprend Keep Your Lamp Trimmed And Burnin. Ce n’était prévu mais il poursuit sur sa lancée du vieux maître avec By Bye I’m gonna see The King.

Retour à ses compositions avec The curtain is falling, évocation du temps qui passe.

All in the truck qui se veut grosso-modo une philosophie de vie, est un blues très rugueux et électrique, avec une guitare très saturée.

Final sur un morceau uniquement vocal avec la voix samplée, well well.

Le public est bien chaud et obtient un rappel et ce sera … Billie Jean ! Toujours aussi apprécié quelque soit son traitement .

Nous avons passé un merveilleux moment en compagnie de cet artiste attachant et généreux. La seconde partie se devra d’être à la hauteur.

Ont collaboré à cette chronique :

One comment
  1. Florence Cavagnat

    Olivier Gotti je l’ai decouvert aussi en 2013. et depuis je l’ai trop souvent écouté dans des salles peu remplies. Il est plus que temps que ce musicien entre dans le cercle des gars qui comptent.

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