(42) LoireJazz au Sommet

12/09/2019 – Roxane Arnal feat Baptiste Bailly à Jazz au Sommet

Belle rencontre en ce jeudi 12 septembre à Marlhes sur le haut-plateau du Pilat dans le cadre de Jazz au Sommet, belle rencontre double, celle avec le public et celle de deux univers musicaux ; chacun des deux musiciens faisant l’effort de s’aventurer sur les terres de l’autre. Guitariste, chanteuse, compositrice, Roxane Arnal, sous une apparence fragile, découvre une maturité musicale étonnante et une expressivité poétique qui trouve son éxutoire dans un univers musical blues, country, folk de compositions originales et intimistes : Give it All, The Key, Why did My Guitar, et de reprises : I’ll Fly Away, absolument délicieux, Will The Circle Be Unbroken chargé d’une émotion contenue et une version de Mexicali Rose très touchante. Sans tomber jamais dans la sensiblerie et c’est valable pour l’ensemble du concert, on reste dans le sensibilité pure. Le positionnement de Baptiste Bailly, au piano et au clavier, est celui d’un soliste à part entière, il prend des chorus parfaitement dosés en ce qui concerne la longueur et l’intensité pour ne pas déséquilibrer le morceau, il puise en même temps dans les mélodies qu’on lui propose, des trésors d’improvisation, sans se départir pour autant de ses sources d’inspiration propres, jazz, musique moderne, romantique, espagnole, un beau métissage. Par ailleurs ses accompagnements au piano, au clavier et à la voix sont sans faute, il peut se couler dans la peau d’un musicien de blues ou de country et au chant faire une seconde voix sans effort apparent.

Le projet de Roxane Arnal, même en solo, musicalement ça tiendrait la route, des textes, des mélodies accrocheuses, une voix qui peut chanter du folk éthéré, du blues profond ou bien avoir la flexibilité des voix country et cette guitare, dont elle use avec un art approfondi, qui est un prolongement d’elle-même. Roxane Arnal a déjà éprouvé son répertoire en trio avec une batterie et en quartet avec un couple basse batterie et toujours le piano. Le duo c’était une presque une première ce jeudi soir à Marlhes. Cette configuration laisse plus de champ à la voix et à la guitare. C’est un dialogue de style où chacun des deux interlocuteurs est capable d’aller sur le terrain de l’autre. Ils s’expriment, se répondent, se comprennent et construisent ensemble, à partir de leur deux langages musicaux, un discours plus intime et par la, certainement, plus authentique dans la perception qu’en a l’auditeur. Si c’était l’effet recherché, c’est réussi, l’interaction avec le public s’est créée d’emblée et s’est maintenue sans faille jusqu’à la fin du concert. Ils nous offriront au rappel, No One Knows en pure acoustique, avec seulement la guitare et les deux voix, les musiciens devant les micros très près du public : une belle conclusion pour ce moment de partage d’émotions musicales rares.

 

NdlR: merci à Philippe Bonjour pour ses photos

Ont collaboré à cette chronique :

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