(42) LoireJazz au Sommet

14/09/2019 – Soirée R pur Jazz à Jazz au Sommet : Daniel Zimmermann quartet

Pour ce second concert de la soirée et sans doute dernier concert du projet « Montagnes Russes » qui tourne depuis fin 2016, on trouvait réunis autour du tromboniste, compositeur et arrangeur Daniel Zimmermann,  le guitariste Pierre Durand, le fidèle batteur Julien Charlet (déjà sur le projet précédent « Bone Machine » en 2012) et bien sûr Jérôme Regard, mais cette fois à la basse électrique.

Ça commence fort avec Au Temps Ôtant  et on enchaîne avec Flying Pachydermes (de Bone Machine), une ode à l’éléphant, « dans le règne animal, l’être le plus près du trombone » dixit Daniel Zimmermann. Sur les titres suivants, ceux de l’album Montagnes Russes, le trombone, point central du quartet l’entraîne vers des sommets. Le tromboniste met la barre très haut dès le début et tout le long du concert, ce que nous confirmera Pierre Durand après la soirée. Mais le groupe est de taille à escalader ces Montagnes Russes et à les redescendre plus vite encore sans problème. Le groove puissant de la basse de Jérôme Regard sert d’assise au jeu tout en rupture et déséquilibre savant du batteur, qui relance sans cesse les solistes. Poussé par la rythmique, Pierre Durand déploie dans ces conditions des richesses insoupçonnées d’inventivité. Daniel Zimmermann peut alors utiliser toutes ses possibilités pour nous découvrir des trésors poétiques puissants et colorés. Il joue avec les timbres, ne se contente pas de riffs, il joue également avec les sons et les mélodies comme le ferait un trompettiste ou un saxophoniste. On est loin d’un jeu stéréotypé, Daniel Zimmerman est à placer du côté des grands interprètes, il nous raconte des histoires qu’il invente et place dans des paysages qu’il a créés. Les musiciens qui l’accompagnent, ont une certaine idée de la cartographie de l’univers musical personnel de leur leader, ils savent le laisser partir sans crainte pour aller l’attendre à la prochaine croisée de chemin, Là où il les rejoindra pour souffler leur laissant des espaces pour s’exprimer à leur tour dans ses paysages musicaux tout en montées abruptes et descentes vertigineuses, comme les Montagnes Russes qui donnent leur nom au projet. C’est aussi le titre qui sera joué au rappel comme une conclusion définitive au concert et à la tournée

Superbe soirée, avec deux groupes, deux univers très différents, mais gorgés de jazz, un sommet, sans doute l’un des sommets de Jazz au Sommet.

Ont collaboré à cette chronique :

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