(42) LoireJazz au Sommet

14/09/2019 – Soirée R pur Jazz à Jazz au Sommet : Laurent de Wilde New Monk Trio

R comme Regard, Jérôme Regard, le contrebassiste installé à Saint-Genest-Malifaux depuis quelques années s’était vu proposer une soirée dédiée. Il avait proposé deux groupes où il intervient, au choix. Sans hésiter, Danielle Cormier la présidente de Jazz Au Sommet a choisi les deux.

C’est ainsi que se sont retrouvés sur la scène du festival les musiciens du New Monk Trio de Laurent de Wilde, pianiste, écrivain, génial passeur de la musique de Thelonious Monk, associé aux deux précédents, le subtil batteur Donald Kontomanou, déjà auprès de Laurent de Wilde en 2013 sur la tournée « Over the Clouds ». Après quelques mots d’introduction qui montre qu’il n’est pas que le biographe de Monk [1], il est aussi sans doute l’un des plus fins analystes de sa musique.

Comme la musique de Jon Coltrane ou celle de Miles Davis, la musique de Thelonious Monk n’est pas reproductible, nous dit-il, le musicien qui veut la jouer est obligé de se l’approprier. C’est ce que fait le trio de belle manière avec Misterioso, Thelonious et l’inquiétant Monk’s Mood. L’acmé du concert c’est Round Midnight, sans doute l’un des morceaux les plus joués du jazz ; contrairement à de nombreuses reprises qui évoquent plutôt le brouillard, la nostalgie, l’épuisement de la fin de nuit, l’interprétation du trio se rapproche de l’interprétation originale. Le tempo est plus rapide et varie même de l’andante à l’allegro le plus vif : c’est la nuit new-yorkaise qui est évoqué ici, son bruit, sa fureur, ses courses d’un club à l’autre qu’effectuent les musiciens pour des cachets modestes, sa nervosité, ses rixes, ses dealers, les sirènes de police et le retour au calme du petit matin quand chacun fait face à la fatigue et rentre chez soi. Le dernier thème, très simple Friday the 13th sur l’incitation de Laurent de Wilde est repris en chœur par un public bon enfant qui ne demande qu’à participer à la fête musicale.

Au rappel, pour évoquer la lenteur légendaire, ça sent le vécu, des trains américains, Locomotive sera joué sur un tempo très ralenti. Les musiciens du trio, habitué à jouer ensemble, continuent pourtant à se surprendre encore, ce qui donne une certaine fraîcheur à leur interprétation intelligente et originale des œuvres de Thelonious Monk.

[1]Monk, Laurent de Wilde, Gallimard 1996, Folio 1998

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