(38) IsèreJazz Club de Grenoble

26/09/2019 – « Father & Son » au Jazz Club de Grenoble

C’est Father And Son qui joue ce jeudi 26 septembre au Jazz Club De Grenoble.  Curieux  nom pour un orchestre, mais la raison en est simple, c’est la réunion de deux pères et de leur fils respectifs. Les familles Govin et Origlio sont sur scène. Le hasard faisant bien les choses, nous avons une répartition parfaite des instruments puisque nous avions Pierre-Olivier Govin au saxophone alto et baryton, Joachim Govin à la contrebasse, Alfio Origlio au piano et Salvatore Origlio, le président du Jazz Club De Grenoble à la batterie.

Le premier set commence sur le thème de Nino Rota du film La Strada.  On reconnaît bien le choix d’Alfio Origlio sur ce premier thème,  une musique de film dégageant des émotions fortes propres à inspirer de belles et riches improvisations.  Ce fut le cas aussi avec le thème de Nino Rota d’Amarcord ou celui d’Enio Morricone de Cinema Paradiso.  Que ce soit sur ces thèmes tirés des musiques de film ou sur des standards plus jazzy comme Dolphin Dance, Nostalgia In Time Square, Alfio Origlio maîtrise parfaitement ces environnements musicaux et arrive à chaque interprétations à faire des improvisations pleines de créativité avec des couleurs musicales différentes, des variations de rythmes, jouant en accord ou bien déroulant des phrasés mélodiques  dans une utilisation complète de l’instrument en se servant même des cordes du piano qu’il tape de ses mains transformant le piano en une percussion.  Il se place dans sa bulle et se plonge dans une sorte de transe qu’illustre les photos que l’on peut faire de lui pendant les concerts, pas de sourire qui puisse le relier au monde exérieur, il est entièrement concentré sur son environnement musical  et sur la créativité de son jeu sans pour autant oublier les thèmes qu’il rappelle par petite touche.

Pierre-Olivier Govin a su sur les mêmes thèmes, que ce soit à l’alto ou au baryton, nous emporter avec une grande maîtrise de la construction des improvisations, de très beaux phrasés mélodiques  et une technique instrumentale parfaite qui lui permettent d’exploiter toutes les possibilités que lui offre son instrument. Un accessit spécial pour sa prestation au baryton d’abord dans l’exposition des thèmes puis dans l’improvisation où sa très belle sonorité associée à un beau phrasé est une grande réussite.

Salvatore Origlio toujours bien présent à la batterie et Joachim Govin à la contrebasse ont  soutenu les improvisateurs avec un swing sans faille et une très belle énergie. Joachim a montré lors de ses improvisations une grande musicalité où le silence a autant d’importance que les notes jouées, pas facile à la contrebasse!  Il est aussi le compositeur de la très belle ballade Element, un thème suivi par des improvisations où l’émotion était palpable.

C’est donc une très agréable soirée de jazz, appréciée par le nombreux public, que ce groupe nous a fait vivre. Ils ont démontré que même avec une génération de différence on pouvait parfaitement produire de la belle musique.

Ont collaboré à cette chronique :

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