(42) LoireRhinoJazz(s)

28/09/2019 – Les Violons Barbares au RhinoJazz(s)

Huit ans après (voir ici), le RhinoJazz(s) invite à nouveau ces Violons Barbares, un groupe bulgaro-franco-mongol.

Le lieu choisi : les entrepôts de la société Audio Technique à L’Horme qui participent de l’étrangeté de la soirée. Un hangar industriel qui sent l’huile, des « choses » entassées un peu partout, des trucs au sol pour se casser la figure, des lumières savamment dosées, des scopitones de Johnny ou de Schmoll. Un écrin parfait pour ces « barbares ».

Le trio s’installe. A jardin, Dimitar Gougov, bulgare, souriant, avec son drôle de petit « violon » accroché à une sangle, une gadoulka, il nous donnera plus d’explications au cours du concert. Au centre Fabien Guyot, percussionniste avec un set hétéroclite composé de bongo, gongs, cymbales, derbouka, toms, clochettes, etc. on le verra même chanteur. Et enfin à cours, Dandarvaanchig Enkhjargal, venu d’Oulan-Bator, un spécialiste du morin khuur (ce qui signifie « vièle à tête de cheval », effectivement la tête de cheval est sculptée en haut du manche comme cela doit l’être pour cet instrument), instrument à deux cordes (seulement) et joué avec un archet.

Le concert débute avec un très énergique Stravinsky lost in the desert, une composition du percussionniste qui nous désarçonne d’emblée. Les instruments, les voix, rien de connu.

Cette formation atypique nous étonne de bout en bout avec sa musique inclassable que l’on pourrait ranger dans la case fourre-tout de la world music mais cela serait les trahir. Ce trio nous propose un répertoire bien à lui basé sur des instruments que l’on ne rencontre pas souvent ensemble et des voix aux techniques impressionnantes surtout quand il s’agit de chant diphonique maitrisé par le Mongol et plus étonnamment par le Bulgare.

Les morceaux présentés empruntent à différents folklores : balkaniques, mongols, turques et même à leur conception du punk avec Spring Punk. Du « punk » chanté en mongol ça vaut le détour.

Au cours du concert Dimitar Gougov se fait lâcher par ses acolytes et à la manière de Didier Lockwood (qui a tourné avec ce trio quelques temps avant sa disparition) en profite pour faire un tour dans le public et présenter sa gadoulka, instrument traditionnel bulgare à quatorze cordes dont seulement trois sont accessibles à l’archet, les onze autres étant dites « sympathiques » et participent par leurs vibrations à la sonorité de l’instrument. Il en profite pour nous jouer La danse d’Hélène composée pour sa fille avant sa naissance.

Rappel sur une « chanson d’amour » bien trop énervée pour en être une ; puis un twist, enfin presque. Quand j’écrivais plus haut que les violons barbares sont inclassables.

 

Dépaysement garanti !

Ont collaboré à cette chronique :

X