(42) LoireRhinoJazz(s)

29/09/2019 – Richard Galliano au RhinoJazz(s)

Nous voici de nouveau dans la superbe église de Villars où nous avions assisté à des concerts magnifiques dans le cadre du RhinoJazz(s) : Youn Sun Nah avec Ulf Wakenius (en 2011) et surtout Buika (en 2008). Ce soir c’est un solo d’accordéon avec rien moins que Richard Galliano.

On s’attendait au programme de Tokyo il en sera tout autre. « L’avantage du solo c’est que je peux jouer ce que bon me semble alors j’en profite ».

Le set débute avec Des voiliers écrite pour Nougaro puis L’allégresse écrite pour Pierre Barouh, de nouveau Nougaro avec Allée des brouillards. Technique irréprochable, nous sommes dans la tradition française de l’accordéon que Richard Galliano a grandement contribué à rénover.

Changement de registre avec Bebe de Hermeto Pascoal où Richard Galliano s’accompagne en sifflant parfois.

Il reprend Fou rire, une valse musette qu’il joue chaque soir avec des variations, comme un exercice.

Évocation des souvenirs avec les chanteurs et chanteuses avec lesquels il a collaboré Philippe Claye, Serge Reggiani, Claude Nougaro, et Barbara pour laquelle il a composé un portrait musical.

Suit un hommage à Billie Holiday qu’il avait enregistré à Marciac avec Wynton Marsalis, ce qui l’amène naturellement à jouer La chanson des forains interprétée par Edith Piaf née la même année que Billie, en 1915.

Place enfin à un tango, une de ses compositions Tango pour Claude (Nougaro évidemment).

On apprend que son accordéon Victoria lui a été offert il y a cinquante-cinq ans par sa grand-mère. Effectivement nous l’avons toujours vu avec cet instrument. A la fin du concert il nous confirmera bien que cet accordéon l’accompagne depuis ses treize ans, bel exemple de fidélité.

Il joue en ensuite d’une sorte d’harmonica à clavier (un prototype), un Melowtone, pour rendre hommage à Toots Thielemans. Un pot pourri avec du Ennio Morricone et le célèbre Smile de Chaplin qui s’achève … avec les cloches de l’église.

Suivent deux reprises : Odéon de Ernesto Nazareth puis Andalucia de Ernesto Lecuona.

On passe ensuite à un blues d’Oscar Pettiford joué par un accordéoniste américain Matt Mathews How deep is the ocean.

Retour à une valse musette, valeur sûre de Galliano, avec la Valse à Margaux, sa première valse écrite dans les années 80 pour Juliette Gréco.

Passage respectueux par Astor Piazzola et Oblivion, « une de ses compositions les plus simples et les plus épurées ». Galliano l’avait rencontré dans les années 80 et il lui avait suggéré de développer le « New musette » comme lui l’avait fait avec le « New tango », ce qu’il n’a pas manqué de faire même s’il pense que ses devanciers comme Gus Viseur ou Tony Murena n’ont pas pris une ride.

Il a failli l’oublier mais il s’est ressaisi et nous propose Chat pître qui avait été commandé par Roland Petit pour son ballet et qui devint ensuite le générique d’une émission culinaire à la télévision.

Le concert s’achève sur un Aria inspiré de la Messe en si de Bach, Richard Galliano ne manque pas de rappeler que l’accordéon est cousin de l’orgue et qu’il est tout à fait à sa place dans le chœur d’une église.

Le concert s’achève sur le très attendu Libertango.

Pour le rappel ça sera une Javanaise reprise spontanément par le public. Richard Galliano s’arrête de jouer pour déguster son plaisir et nous écouter, puis nous salue.

Ce soir nous avons (re)vu l’un des plus grands maîtres de l’accordéon moderne, je ne peux m’empêcher de rêver à la rencontre hypothétique d’un Galliano avec une partie de ses héritiers tels Vincent Peirani ou Mario Batkovic. Je signe de suite. Et je sais que je ne suis pas seul dans ce cas

Ont collaboré à cette chronique :

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