(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

04/10/2019 – Chevaliers de Balsa et Edredon Sensible à La Bobine pour le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

C’est à La Bobine qu’a lieu le coup d’envoi du quinzième Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival. Il sera suivi par 16 autres concerts jusqu’au 19 Octobre pour la clôture à La Source à Fontaine avec Pierre Bertrand et son ensemble Caja Negra.

Le concert  s’est déroulé en deux parties, la première avec le trio Les Chevaliers De Balsa suivi de slameurs, et la seconde avec le quartet toulousain Edredon Sensible.

Le trio composé de Pascal Billot à la guitare et au saxophone alto, Michel Teyssier à la basse et Mourad Baïtiche  aux percussions a débuté le set par un instrumental avec une longue introduction à l’alto  où Billot a pu exprimer toute la richesse de son jeu et nous faire entendre sa belle sonorité. Ensuite sont rentrés la basse avec une phrase répétitive et enfin les percussions et autres tambours sur cadre. La fin du morceau est vite arrivée avec un goût de trop peu pour laisser la place aux slameurs. Cette partie a été présentée par Aude, Pascal et Rémy qui ont aussi lu des textes.  On dit slam pour une forme de poésie orale urbaine, en fait pour moi c’était vraiment de la poésie, de très beaux textes récités avec attention et conviction par leurs auteurs. Chaque intervenant, après une courte présentation aux musiciens de ce qu’ils souhaitaient entendre lors de leur prestation,  se mettait face au micro et déclamait son texte. Aux musiciens de coller au plus près aux textes présentés, ce qu’ils ont réussi avec une grande maîtrise. Que les poètes parlent, de tortue titan, d’aéroport, de corps, d’amour, d’un champ de 223 pierres, d’hommes, de désenchantement, d’indifférence, de musique, de Mika homme fille et femme garçon,  à chaque fois l’osmose entre les textes et la musique fût belle et riche. En clôture, Aude, originaire de Rouen, nous dit un texte faisant un parallèle entre les catastrophes de Fukushima et de Tchernobil avec celle de l’usine de Lubrizol à Rouen, en espérant  pour les gens de là bas qu’elle ait tort.

 

Lors du  changement de plateau pour  le deuxième set, les chaises de la salle furent en grande partie enlevées afin libérer de l’espace pour les gens debout,  car la musique que nous allons entendre n’est pas faite pour être écoutée assis.  Sur scène sont venus s’installer les percussionnistes Antoine Perdriolle et Mathias Bayle, l’un au tambour et l’autre à la batterie, et les saxophonistes Jean Lacarrière au ténor et Tristan Charles-Charles Alfred au baryton.  Le saxophone baryton est là pour donner la structure de la transe avec une phrase répétitive qu’il scande tout au long des morceaux avec une énergie, une puissance, et une régularité de métronome ahurissante. Les tambours et la batterie créent autour du phrasé du baryton  une rythmique d’enfer, qui fait que le corps ne peut que suivre cette transe collective (d’où l’évacuation des chaises).  Ne nous trompons pas, ce ne sont pas que des improvisations sans fin des percussions et du ténor, comme dans certains morceaux de free jazz.Là, elles sont structurées avec différentes phases, les rythmes endiablés sont parfaitement maîtrisés  et d’une grande richesse. Sur scène, c’est une débauche d’énergie, avec des musiciens qui sont aussi des athlètes de haut niveau avec une résistance dans l’effort impressionnante. Le spectacle est aussi sur scène, des sauts, des danses,  le tout dans une intensité sonore énorme, qui fond sur un public qui bouge au rythme de la musique.

Beau début pour le festival qui commence très fort. Rendez-vous ce samedi à L’Ilyade de Seyssinet avec La Trova Project.

Ont collaboré à cette chronique :

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