(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

06/10/2019 – Agathe Iracéma Quartet à La Vence Scène pour le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

C’est dans la superbe salle La Vence Scène de Saint-Egrève que nous retrouvons Agathe Iracema en quartet en ce dimanche.

La chanteuse franco-brésilienne nous parle d’amour d’abord avec tendresse et des scats émouvants alors que le piano égrène ses notes. C’était Don’t Go to Strangers extrait de son dernier CD « Feeling Alive ».

Bientôt, l’orchestre marque le tempo accompagnant sa voix grave qui grimpe aisément, de grands sourires en prime. Léonardo Montana se lance dans un solo de piano, rapide, joyeux, alors qu’Agathe se dandine et roucoule. Sur quelques mesures feutrées par la rythmique, la voix un peu rauque enchaîne sur un blues très doux, comme le bleu du ciel.

Elle joue avec les tonalités de sa voix sur une rythmique énergique, très applaudie par le public, pour I Must Have That Man, succès de Billie Holiday.

Au milieu de cette belle performance musicale, il nous manquait le contact avec la salle. Agathe s’en excuse. Un peu trop de stress ? Le concert devient maintenant plus proche pour notre plus grand bonheur.

Sur Absurdo Natural, la voix profonde, murmurée en portugais, susurre parfois en français. Christophe Wallemme, en solo à la contrebasse, renforce cette intimité.

Introduisant Favela de Moraes et Jobim, Agathe précise qu’une favela est en fait une colline des laissés-pour-compte, et rappelle  « qu’il est de notre responsabilité de faire vivre et changer ce monde ».  Sa voix est ample, les notes sont tenues, les phrases clamées, les scats enlevés. Les bras, le corps entier, se joignent à la musique qui se termine en douceur.

Suit un nouvel hommage à Billie Holiday sur God Bless the Child, longuement introduit au piano et vivement apprécié par le public. La voix rauque passe des tonalités graves aux éclats aigus puis aux scats enchanteurs…

Le clou de la soirée commence avec une rythmique vigoureuse. La voix rapide, précipitée, annonce un joli solo de Pierre-Alain Tocanier à la batterie. Les baguettes frappent les tambours, martèlent les caisses. Agathe danse légèrement au milieu de la scène tandis que l’orchestre s’en donne à cœur joie ! Avec des sourires coquins, le chant repart avec frénésie, C’était Droppin´ Things !

Retour à l’amour avec Feeling Alive, extrait de son dernier CD du même nom. Agathe chante avec les mains, les bras alors que le piano ne s’arrête pas, il court toujours… Elle danse, joue avec les mots, les syllabes, les notes, les phrases, riant et invitant les spectateurs « You make me feel alive… » ; Sans fin, sa voix monte et descend si vite !

Pour le rappel très scandé, Agathe est décontractée, heureuse, enthousiasmant le public.

 

C’est comme ça qu’on l’aime !

Ont collaboré à cette chronique :

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