(38) IsèreGrenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival

09/10/2019 – The Amazing Keystone Big Band « We love Ella » au théâtre de Grenoble pour le Grenoble Alpes Métropole Jazz Festival

We love Ella !

S’attaquer à Ella, c’est comme gravir l’Everest. Il faut partir fort, se donner de la longueur, et terminer en apothéose. « We love Ella » hommage de The Amazing Keystone big band, qui s’est attelé à cette ascension musicale, accompagné par Célia Kaméni, grande par la taille et par le talent. Quasi-tous lyonnais d’origine.

Le couple Ella-Duke reconstitué

Une attaque chronologique avec Stompin’ at the Savoy, composé pour l’orchestre du batteur Chick Webb, qui fut le premier à détecter et engager la « first Lady ». La configuration du théâtre de Grenoble restitue à merveille l’ambiance des salles de spectacle des années 30/40…. La fumée en moins. La salle comble, réagit avec ferveur aux premières mesures. On remonte le temps. A Woman is a Sometime Thing extrait de Porgy & Bess, et Born to Be Blue de Mel Tormé, permettent de mettre en valeur les solistes qui comme au bon vieux temps , sortent du rang collectif et se projettent au devant de la scène. Célia apparaît, majestueuse, à pas comptés. Elle excelle dans les graves, et les morceaux lents qu’elle réinterprète de manière langoureuse, soutenue par ce formidable big band, lauréat des Victoires du Jazz 2018.

Qu’il est agréable  de se replonger dans l’environnement nostalgique de ce big band au mieux de sa forme, doté d’une énergie débordante  dans la plus pure des traditions américaines. On   continue ainsi de remonter le temps de manière enjouée.

Après Moonlight in Vermont, et le célèbre A tisket a tasket réécrit par Ella, arrive un Mood Indigo  à la fois ésotérique et dramatique dans ses intonations. Célia de sa voix feutrée, embuée et nostalgique,  le décompose comme si elle racontait une histoire. Il y avait plus de Nina Simone que du Ella dans cette littérature musicale d’autant que s’est insinué un charmant dialogue entre Célia et le trombone  de Bastien Ballaz, mélodieux et facétieux  alternativement.

Puis vinrent les minutes d’émotions, avec une version magistrale de I ain’t necessarily so plus lent qu’à l’accoutumée, dans la veine d’un body and soul apaisé. Une complicité extrême entre la voix énamourée, et le son puissant et reposant du band. Une vibration traversa la salle, émotion suspendue de l’âme musicale.

Un  My Man’Gone Now aventureux et ombrageux lui succède.

S’il y a un qualificatif qui colle à la peau de l’Amazing Keystone Big Band , c’est bien celui d’ « amazing » vraiment étonnant, énergisant, joyeux et débordant.

Vers la fin du spectacle, un peu plus débridé, on se croirait plus au Lincoln Center qu’au Cotton club. Le public était ravi …ravi…ravi !

Juste un regret, Ella, c’est le scat ! il fut absent dans cette soirée. Dommage. Chapeau quand même aux  dix-huit artistes !!

  • Quatre trompettes : David Enhco (autre lauréat des Victoires du jazz 2018) ; Félicien Bouchot ; Vincent Labarre ; Thierry Seneau
  • Quatre trombones : Sylvain Thomas ; Jean Crozat ; Loïc Bachevillier ; Bastien Ballaz 
  • Cinq saxophones : Ghyslain Regard ; Eric Prost ; Kenny Jeanney ; Pierre Desassis ; Pierre-Marie Lapprand
  • Piano : Fred Nardin
  • Guitare : Thibaut François 
  • Contrebasse : Patrick Maradan
  • Batterie : Romain Sarron
  • Voix : Célia Kaméni

Ont collaboré à cette chronique :

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