(38) Isère

10/10/2019 – Hommage à Art Blakey & aux Jazz Messengers à l’Atrium de Fontanil

Depuis 1995, l’association le Millésime organise un festival œnologique, musical et urbain qui colore l’agglomération grenobloise de son ambiance particulière. Ce soir, le Jazz Mille trio et ses invités, le saxophoniste Christian Roy et le trompettiste Vincent Stephan, rendent hommage au batteur Art Blakey pour le centenaire de sa naissance.

Art Blakey fut l’un des plus grands batteurs de jazz des années 50 à 90, pilier du style hard bop, mondialement connu avec son groupe The Jazz Messagers. Il fut également un formidable découvreur de jeunes talents parmi lesquels Wynton Marsalis, Wayne Shorter, Freddie Hubbard… et brillant interprète de la B.O. du film Les Liaisons Dangereuses.

A tout seigneur, tout honneur, c’est à Lionel Grivet, sans doute le meilleur batteur de la région, qu’il revient de lancer de manière tonitruante, Blues March, l’un des grands succès d’Art Blakey. Les cuivres s’expriment en alternance, joyeusement, Laurent Courtois à la contrebasse et Fabien Mille au piano les accompagnent avec vivacité.

Pour Are you Real, la trompette échange avec le sax et mène le thème. Chaque solo est chaudement applaudi. Le piano, très vif, virevolte ; l’ensemble se retrouve pour clore ce morceau très apprécié par la salle, bondée ce soir.

La contrebasse bourdonne sur un rythme scandé par la batterie sur Crisis de Wayne Shorter.  Les cuivres éclatent avec la rythmique. Le piano piaffe joignant ses pas à ceux de la contrebasse et de la batterie. Ces puissants roulements s’éteignent peu à peu. Un tempo très enlevé lance la trompette vibrante pour This is for Albert. Le sax chantonne et le morceau se termine sur de fins roulements de batterie.

Murmures de plus en plus riches, clameurs de plus en plus sonores, courses échevelées se poursuivent. Sur Ms. B.C. Lionel démarre en trombe ! Toujours aussi souriant, il s’enthousiasme. Le piano et la contrebasse s’amusent avec la dextérité de la batterie.

Suit un petit bijou des années cinquante, un hommage à Clifford Brown, trompettiste génial malheureusement disparu à l’âge de ving-cinq ans. I remember Clifford commence avec douceur, puis se poursuit sur un solo de trompette amplifié par le sax. Le piano et les balais expriment une grande tendresse tandis que la contrebasse se fait discrète…

Le clou de la soirée est bien entendu Caravan, avec les arrangements de l’enregistrement d’Art Blakey. La batterie, très présente, comme il se doit, éclate, encouragée par les cuivres. Le piano court, gronde, surprend, emmène la contrebasse. La batterie accélère, s’affole, file, détale, galope, ferme, énergique, redoutable ! Le groupe l’escorte, la trompette s’époumone. Une caravane jouissive ! Merci Lionel !

La soirée se termine sur Moanin’ dans un esprit bepop. L’ensemble joue d’une même voix ; on se trémousse avec plaisir.

Comme l’affirme Olivier Messiaen « Le rythme est la partie primordiale et peut-être essentielle de la musique » !

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